Pour le sans-papier reconduit, c’est souvent le drame. Pour le policier escorteur, presque la routine. Alors que les députés se prononcent ce mardi sur le projet de loi Hortefeux relatif à la maîtrise de l’immigration, un policier chargé d’exécuter cette politique migratoire témoigne.

En tout ils sont 168 agents de l’Unesi (Unité nationale d’escorte, de soutien et d’intervention), une section spéciale de la police nationale créée en 1998. Leur job: raccompagner dans leur pays les étrangers qui ont séjourné illégalement sur le territoire, la police de l’air et des frontières se chargeant des personnes refoulées alors qu’elles tentaient d’y entrer. Au vu des objectifs du gouvernement - 25 000 expulsions en 2007, soit une hausse de 140 % depuis 2002 -, les escorteurs ont fort à faire.

4,6% des expulsions comportent «des difficultés»

Actuellement, plus de la moitié des expulsions se déroulent sans eux, sur des vols commerciaux et depuis octobre 2006, dans des avions loués à des compagnies privées par le ministère de l’Intérieur. Selon Brice Hortefeux, ministre en charge de l’immigration, 4,6 % des expulsions par avion présentent des «difficultés». Voire pire.

En 2003, un policier a été condamné pour homicide involontaire, après la mort d’un homme brutalisé lors d’un vol. Mais les violences restent rares. Physiquement du moins, car psychologiquement, l’expulsion reste «très dure», comme le souligne Jean Pilon, du Réseau éducation sans frontières.

«Ce qui les marque le plus? La montée dans l’avion de force, menotté. Et l’arrivée, quand personne ne les attend. Ils sont alors perdus.» Et souvent, ils reviennent en France.

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