Sacrée désunion

SOCIAL Les syndicats s'affrontent sur la stratégie à suivre au lendemain de la grève contre la réforme des régimes spéciaux…

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AFPTV

Union jeudi, divisions vendredi. Les syndicats ne sont pas d'accord sur la suite à donner à la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Suspension du mouvement avant un possible nouvel appel pour la CGT, poursuite de la grève pour Solidaires et FO, négociation approfondie à la CFDT: les stratégies divergent.
    
Dès jeudi soir, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a rappelé que la confédération et sa fédération cheminots avaient appelé «à un mouvement de 24 heures» et que «la suite, si suite il doit y avoir», devait «être conçue dans un cadre unitaire». C'est-à-dire après une réunion des fédérations de cheminots lundi. Et au regard des propositions mises sur la table par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, lors de rencontres avec les syndicats la semaine prochaine. Autant dire que la CGT a peu apprécié l'appel à reconduire le mouvement à la SNCF lancé, pour vendredi, par Sud Rail et FO.

Les Solidaires veulent aller plus loin

L'union syndicale Solidaires, qui rassemble les syndicats Sud, a appelé jeudi soir à «aller plus loin pour faire céder» le gouvernement tandis que Jean-Claude Mailly (FO) a déclaré que la poursuite ou non du mouvement dépendait «des agents eux-mêmes» et que sa confédération les soutiendrait s'ils continuaient la grève.
    
Pour la CFDT, en revanche, l'heure est à la négociation après une journée d'action «légitime». La confédération qui, à l'inverse de la CGT, FO et Solidaires, n'est pas hostile à l'allongement de la durée de cotisation des salariés bénéficiaires de régimes spéciaux, demande l'octroi de «contreparties». Elle presse le gouvernement d' «entendre» ce qu'ils disent, s'il ne veut pas voir les partisans de «l'affrontement» prendre le dessus. La CFDT a transmis des «contre-propositions» au ministre du Travail, où elle demande le maintien de possibles «départs anticipés» pour «compenser la spécificité des métiers».
    
Les conducteurs de train jettent l'éponge

Un sujet sur lequel la Fgaac, syndicat des conducteurs de train, a annoncé jeudi soir avoir obtenu «des réponses» de la direction. Il a obtenu que les conducteurs d'aujourd'hui et les futurs embauchés recrutés après le 1er janvier 2009 pourront continuer à partir en retraite plus tôt que les autres cheminots, à 55 ans. Ce syndicat, qui appelait encore jeudi à la grève reconductible, comme Solidaires et FO, a appelé depuis à «suspendre le mouvement».
    
Un changement de position soudain qui n'a pas surpris Jean-Claude Mailly pour qui de tels syndicats corporatifs «défendent une seule catégorie de personnel sans s'occuper des autres». Des «discussions en coulisse» ont en tous cas agacé le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Didier Le Reste, qui va «demander des comptes à la direction».

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