Les sept plus grosses ventes d'armes signées par la France

ARMEMENT C’est le contrat de la décennie : douze sous-marins vendus, ce lundi, à l’Australie pour 34,3 milliards d’euros. Mais quelles sont les plus grosses ventes d’armes françaises de ces dernières années ?

B.T.

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Un Rafale en cours d'assemblage à Merignac, près de Bordeaux.

Un Rafale en cours d'assemblage à Merignac, près de Bordeaux. — Bob Edme/AP/SIPA

Depuis 2009, les annonces de gros contrats d’armements se sont multipliées : Rafale, Arabie saoudite, annulations, reprises des négociations… De quoi en perdre son latin. Après deux années record pour les exportations d’armes françaises, le cru 2016 s’annonce très prometteur. 20 Minutes fait le point sur les contrats records des années 2000 pour l’industrie française.

  • 1. Douze sous-marins pour l’Australie à 34,3 milliards d’euros

C’est LE contrat de ces dernières années : 34,3 milliards d’euros pour DCNS (anciennement Direction des Constructions Navales). Douze sous-marins océaniques ont été commandés par le gouvernement australien. Le premier devrait être mis en service en 2030. Cet accord comprend la conception, les transferts de technologie, la production, le système de combat et la maintenance pendant vingt-cinq ans. Cette commande mobilisera plus de 4.000 salariés pendant six ans chez DCNS et ses 200 sous-traitants. Les sites de Cherbourg, Nantes et Lorient devraient, notamment, en bénéficier.

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  • 2. Sept milliards d’euros pour quatre sous-marins pour le Brésil

Décembre 2008, DCNS est à nouveau à la manœuvre. Le constructeur naval réussit à signer, en 2009, la vente de quatre sous-marins d’attaque à propulsion conventionnelle de classe Scorpène, une assistance technique pour la réalisation du premier sous-marin nucléaire d’attaque brésilien, ainsi que l’édification d’une base navale à Itaguaï (près de Rio de Janeiro). Le contrat est évalué entre 7 et 10 milliards d’euros.
En novembre 2015, le Brésil a négocié un nouveau calendrier de livraison pour ce contrat. La crise économique est passée par là. Le sous-marin nucléaire sera livré pour 2025. La mise à l’eau des premiers Scorpène serait aussi retardée.

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  • 3. Trente-six Rafale pour 10 à 12 milliards d’euros à l’Inde

Contrairement aux annonces d’avril 2015, rien n’est joué pour l’export en Inde du Rafale, le fleuron de Dassault Aviation. Le contrat pour la vente de 36 Rafale, pour un montant estimé entre 10 et 12 milliards d’euros, est toujours en négociation : les Indiens chercheraient à faire baisser la facture de trois milliards d’euros. Le dossier devrait encore traîner en longueur pendant plusieurs semaines, au minimum.

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  • 4. Vingt-quatre Rafale à 6,3 milliards d’euros au Qatar

Le 30 avril 2015, l’Elysée annonce la vente de 24 Rafale au Qatar (six en version biplace et 18 en version monoplace). Les premières livraisons de l’avion de chasse multifonctions de Dassault devraient avoir lieu dès 2018. Le contrat est estimé à 6,3 milliards d’euros pour l’avionneur français. L’Armée française a également profité de l’occasion pour signer des formations pour 36 pilotes qataris et une centaine de mécaniciens. Ces avions seront équipés de tous les armements disponibles, notamment des missiles de croisière Scalp et de missiles air-air Meteor. Des équipements qui gonflent la note finale.

  • 5. Vingt-quatre Rafale et une frégate vendus à l’Egypte pour 5,2 milliards d’euros

L’Egypte a annoncé, en février 2015, vouloir acheter 24 avions militaires Rafale et une frégate multimissions FREMM pour 5,2 milliards.
Une annonce historique, car elle met fin à vingt-sept ans sans une seule vente pour l’avion français. Jusqu’ici l’avion n’avait jamais été exporté à l’international. Son prix unitaire – il frise les 101 millions d’euros – a longtemps été un repoussoir pour les gouvernements étrangers qui se sont penchés sur le dossier Rafale. A titre de comparaison, son aîné, le Mirage 2000D (1984 à aujourd’hui), était vendu pour 17 millions d’euros.

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  • 6. Trois milliards de dollars d’armes pour le Liban via l’Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite a signé en novembre 2014 une série d’accords, le contrat DONAS, pour équiper les Forces armées libanaises avec du matériel français. Pour 3 milliards de dollars, le Royaume souhaitait acheter des véhicules de l’avant blindé (VAB), des missiles, des hélicoptères, des systèmes d’artillerie CAESAR, des patrouilleurs pour son ami libanais. Un contrat qui semble avoir changé du tout au tout le 19 février. L’Arabie saoudite a annoncé l’interruption de toute aide aux forces armées libanaises pour protester contre les prises de positions diplomatiques de Beyrouth. « Nous avons décidé que les trois milliards de dollars (d’équipements) cesseraient d’être livrés à l’armée libanaise et seraient redirigés vers l’armée saoudienne, a annoncé Adel al-Jubeir, le chef de la diplomatie saoudienne, le 5 mars. Nous sommes face à une situation où les décisions du Liban sont captées par le Hezbollah. Les armes iront à l’Arabie saoudite, pas au Hezbollah. »

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  • 7. Deux Mistral pour la Russie à 1,2 milliard d’euros

En juin 2011, la Russie achète, pour 1,2 milliard d’euros, deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) de classe Mistral à la France. Les deux bateaux, construits par les chantiers de Saint-Nazaire, vont rester à quai. En 2014, François Hollande décide d’en suspendre la livraison après l’intervention de la Russie dans la crise ukrainienne. Ils seront finalement vendus à l’Egypte en septembre 2015 pour 920 millions d’euros. François Hollande a vanté, à ce propos, une opération « sans perte financière ».