A fond la forme: les médias jugent Sarkozy

REVUE DE PRESSE – L’intervention télévisée du Président, jeudi soir, vue des journaux et du Web…

Sandrine Cochard

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Nicolas Sarkozy s'est fait pédagogue jeudi soir à la télévision pour expliquer aux Français, "simplement, tranquillement", le sens de ses réformes, assurant que "jamais" de tels changements n'avaient été entrepris "depuis la Libération".

Nicolas Sarkozy s'est fait pédagogue jeudi soir à la télévision pour expliquer aux Français, "simplement, tranquillement", le sens de ses réformes, assurant que "jamais" de tels changements n'avaient été entrepris "depuis la Libération". — AFP

En intervenant dans deux journaux télévisés le même soir, Nicolas Sarkozy était sûr de ne pas passer inaperçu. Il en a profité pour vanter le travail «remarquable» de son Premier ministre, alors que les rumeurs de tensions entre les deux hommes vont bon train.
 
De la forme, pas de fonds
 
Si les éditorialistes parisiens, à l'exception de ceux de «Libération» et de «L'Humanité», ont boudé la prestation télévisée du chef de l'Etat, la presse française et les blogs politiques ont davantage prêté attention au sens de la communication à la Tony Blair du chef de l'Etat qu'au fond de son propos.
 
«Il y a du rédacteur en chef dans cet homme-là,» estime Laurent Joffrin dans «Libération». «Chaque matin, comme dans un journal ou une chaîne de télévision, Nicolas Sarkozy définit ce qu'est -ce que doit être- le sujet principal de l'attention publique ce jour-là», ajoute le directeur de la rédaction du quotidien qui évoque le dilemme des vrais rédacteurs en chef: «entre sevrage et overdose, il faut se frayer une conduite».
 
Patrick Le Hyaric, dans «L'Humanité», se penche également sur la prestation du chef de l’Etat. «Au terme d'une semaine à marquer d'une pierre noire dans l'histoire sociale de la République, le monarque élyséen a une nouvelle fois squatté les écrans de télévision hier soir.» écrit-il en évoquant ce qu'il nomme «la guerre sociale éclair, déclenchée contre le peuple». Le «Parisien» résume sa performance en un titre: «Sarkozy cajole Fillon».
 
«Remarquable»

 
Le Web n’est pas en reste. Jean-Michel Apathie salue ainsi la performance: «Comme toujours dans ce genre d'émission, Nicolas Sarkozy a été formellement bon. Dynamique, incisif, pédagogue, jeune et plein d'allant.» Et si on ne devait retenir qu’un mot de l’intervention du chef de l’Etat, ce serait «remarquable». Avant de s’attarder sur la portée des paroles du Président: «Si les mots ont un sens, "je ne céderai pas", Nicolas Sarkozy a mis son avenir dans la balance de la réforme des retraites.»
 
Puis, plus loin: «Son enthousiasme l'a conduit à trouver tous ses ministres, du moins ceux qu'il a cités, "remarquables", à croire même qu'il ne connaît pas d'autres adjectifs pour qualifier l'action de ceux qui travaillent avec lui», souligne ironiquement le chroniqueur de RTL.
 
Remarquable, le maître-mot qui n’a pas échappé non plus au blog Sarkofrance.
 
Enfin, le blog Chez Nico  compare Nicolas Sarkozy à Monsieur Cyclopède, s’interrogeant sur sa «(longue) minute nécessaire». «“Je suis chef de l'Etat, je dois être juste". Si la seconde partie de l'affirmation est loin d'être convaincante, la première partie en revanche ne fait plus aucun doute même pour ceux qui en doutaient encore (ou qui étaient hibernation depuis le 6 mai), tant Nicolas Sarkozy a passé son temps à le répéter face à Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor près d'une heure durant.» Et d’inviter le chef de l’Etat, qui a défendu le travail de François Fillon en affirmant que les deux hommes travaillaient «main dans la main, nous sommes parfaitement interchangeables», à aller jusqu’au bout de la logique et de laisser sa place à son Premier ministre.

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