Le rapport annuel du Haut conseil de l'Education (HCE) qui sera remis lundi à Nicolas Sarkozy met en lumière les piètres performances des écoliers et suggère de centrer l'effort sur le primaire et la maternelle, alors que la tendance des politiques publiques va vers le collège.
Le rapport annuel du Haut conseil de l'Education (HCE) qui sera remis lundi à Nicolas Sarkozy met en lumière les piètres performances des écoliers et suggère de centrer l'effort sur le primaire et la maternelle, alors que la tendance des politiques publiques va vers le collège. - Mychèle Daniau AFP/Archives

Plus original qu'idéal. Samedi a eu lieu la première Journée pour la liberté de l'instruction, à l'appel de l'association Les Enfants d'abord. En France, de 1.500 à 3.000 enfants suivent leur scolarité «en pyjama». Entre créativité boostée et socialisation limitée, trois enfants, devenus grands, témoignent.

· Louise Marais, 15 ans, a été déscolarisée quatre ans lors d'un tour du monde en camping-car Je garde d'assez mauvais souvenirs des cours du Cned (Centre national d'enseignement à distance). Avec ma mère, ça finissait toujours en dispute. Il faut dire que je n'y mettais pas beaucoup du mien, préférant jouer dehors plutôt que de rester assise à écouter ! Et je regrettais mon école, enfin... les amis et les bêtises. Le vrai «plus», c'est que l'élève est seul avec son instit, comme à un cours particulier. Mais le parent doit être doué pour enseigner, sinon il est vite débordé. Nous, on a tout essayé: travailler ensemble, séparément, avec mon père sur certaines matières, etc. En quatre ans, on n'a jamais trouvé la formule magique. Plus tard, si je vis en France, mes enfants iront à l'école classique: je ne veux pas les priver d'une vie sociale normale.

· Taig Khris, 32 ans, champion du monde de roller Mes parents n'avaient pas envie que quelqu'un d'autre s'occupe de nous toute la journée. Alors, ils nous ont acheté des manuels en fonction de notre niveau et nous faisaient des dictées le soir. Résultat, je n'ai appris que ce qui me passionnait. On ne m'a jamais mis de barrières castratrices. J'ai un caractère sans limites, alors que la plupart des gens ont toujours peur de se planter, tant on leur a répété que la vie est dure. Mais parfois, il me manque un peu de culture générale et de vocabulaire, faute d'avoir beaucoup lu étant gamin. Pour mes enfants, je trouverai une école du juste milieu, pour qu'ils ne soient pas stressés avec les notes, mais qu'ils ne risquent pas non plus d'être marginalisés.

· André Stern, 36 ans, guitariste et luthier J'ai grandi dans une totale liberté. Je ne me suis jamais assis à une table pour apprendre un cours par coeur. Je n'ai pas mon bac. J'ai appris à lire tout seul à 7 ans, quand j'en ai eu besoin. Mes parents étaient très présents, c'était tout sauf le laisser-aller. Mais mon éducation a été sans académisme. Du coup, ma curiosité n'a jamais été freinée : pendant un an, je me suis passionné pour l'allemand, j'y passais huit heures par jour ! Socialement, j'ai rencontré plein de gens différents, loin du système clos de l'école, où l'on ne fréquente que des gens de son âge.

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé