Police: commissariat
Police: commissariat - Philippe Huguen AFP

Un homme d'une cinquantaine d'années, soupçonné d'avoir violé une étudiante suédoise à Paris en 2008 en se faisant passer pour un chauffeur de taxi, a été retrouvé huit ans plus tard grâce à son ADN, a-t-on appris jeudi de la gendarmerie.

Présenté jeudi après-midi à un juge d'instruction versaillais, le suspect a été mis en examen pour «viol» et «séquestration» et placé en détention provisoire, a indiqué à l'AFP le parquet de Versailles.

L'affaire était née en février 2008, lorsqu'une étudiante suédoise âgée de 19 ans avait été secourue sur une route des Yvelines, à une trentaine de kilomètres de Paris, errant sur la chaussée et partiellement dévêtue.

Elle avait expliqué avoir pris, quelques heures plus tôt, ce qu'elle croyait être un taxi à la sortie d'une discothèque parisienne située à deux pas des Champs-Élysées. Selon elle, le conducteur l'avait ensuite agressée sexuellement et violée.

De lourds moyens avaient été déployés par la section de recherches de la gendarmerie des Yvelines, qui avait mis en évidence un ADN masculin suspect, mais non-référencé dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).

Près de huit ans plus tard, une trace similaire est apparue dans le fichier: celle d'un homme condamné pour de simples dégradations, mais qui ne s'est pas acquitté de l'amende à laquelle il a été condamné. La justice a alors ordonné la consignation de son identité génétique dans le FNAEG.

Le suspect n'avait en revanche jamais été jusqu'alors poursuivi pour des infractions à caractère sexuel.

Il a été interpellé mercredi matin à son domicile de l'Essonne, dans la banlieue sud de Paris, avant d'être placé en garde à vue.

«Il y a un certain nombre de faits qu'il n'a pas pu nier», a commenté auprès de l'AFP une source proche de l'enquête.

Le FNAEG traite pas moins de trois millions de profils génétiques correspondant à 2,6 millions d'individus, qui constituent une gigantesque base de données grâce à laquelle quelque 126.000 rapprochements ont pu être effectués depuis le lancement officiel du fichier en 2001.

En 2014, le fichier comptabilisait encore 240.000 «traces non-résolues».

«Le temps joue contre l'enquête dans les premier jours, mais dès lors que les constatations ont été bien faites, tel que c'est le cas dans cette affaire, on finit par faire parler l'ADN», a encore commenté cette même source.

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