François Hollande et Manuel Valls à l'Elysée, le 10 février 2016
François Hollande et Manuel Valls à l'Elysée, le 10 février 2016 - STEPHANE DE SAKUTIN AFP

Au comble de l'impopularité, François Hollande a rappelé jeudi ...

Au comble de l'impopularité, François Hollande a rappelé jeudi les écologistes au gouvernement pour tenter d'élargir sa base politique à quinze mois de la présidentielle, avec l'annonce hautement symbolique d'un «référendum local» sur l'aéroport Notre-Dame-des-Landes.

L'objectif, a-t-il soutenu en direct de l'Elysée lors des JT de TF1 et France 2, est de sortir du «blocage» autour de ce projet entre ses partisans, au premier rang desquels l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault, revenu au gouvernement à la tête du Quai d'Orsay, et ses détracteurs, à commencer par les écologistes.

Pour autant, le chef de l'Etat s'est défendu de toute «négociation avec Emmanuelle Cosse», la désormais ex-patronne d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), sa principale prise de guerre dans les rangs écologistes, nommée ministre du Logement dans le gouvernement Valls 3.

En pleine crise agricole, M. Hollande a aussi annoncé une nouvelle baisse des cotisations sociales «pour l'ensemble des agriculteurs».

Interrogé sur sa candidature en 2017, il a simplement déclaré qu'il prendrait sa «décision» le «moment venu» et qu'il n'entendait pas «rentrer dans (le) débat des primaires» réclamées par une partie de la gauche.

François Hollande a également défendu le très controversé projet de réforme constitutionnelle, souhaitant que les débats ne s'éternisent pas sur ce texte qui prévoit l'inscription dans la Constitution de l'état d’urgence et de la déchéance de nationalité. «Les Français veulent que ça se termine et moi aussi, parce qu'il y a d'autres textes, d'autres réformes», a-t-il dit.

Pour le reste, François Hollande a assigné à ce gouvernement «élargi mais (qui) doit garder sa cohérence», trois «grandes priorités» : la protection des Français, l'emploi avec une flexi-sécurité «à la française» et l'écologie.

Comme attendu, le retour des écologistes s'accompagne d'un équilibre subtil entre le «canal historique» d'EELV, incarné par la patronne du parti Emmanuelle Cosse, et ceux qui ont claqué la porte du parti.

Le sénateur Jean-Vincent Placé devient ainsi secrétaire d'Etat chargé de la Réforme de l'Etat et de la Simplification, tandis que Barbara Pompili s'empare du secrétariat d'Etat à la Biodiversité.

- La parité respectée -

Loin d'être resserré, le gouvernement compte désormais, outre le Premier ministre, maintenu sans surprise dans ses fonctions, 38 membres (18 ministres et 20 secrétaires d'Etat), contre 32 dans l'équipe sortante.

La parité, mise à mal par le départ de Christiane Taubira, est par ailleurs de nouveau «parfaitement» respectée, dixit l'entourage du président, avec autant de femmes que d'hommes dans les fonctions de ministre ou de secrétaire d'Etat.

Seule entorse à cette parité, l'absence de femme à la tête des quatre ministères régaliens: Jean-Jacques Urvoas, qui a succédé fin janvier à Mme Taubira à la Chancellerie, Bernard Cazeneuve à l'Intérieur, Jean-Marc Ayrault aux Affaires étrangères et Jean-Yves Le Drian qui reste à la Défense.

Le maintien de ce dernier «à ce poste essentiel pour la sécurité des Français» après les attentats de 2015 l'a emporté, selon l'Elysée, sur toute autre considération, et notamment le cumul de ces fonctions avec celles de président de la région Bretagne, entorse à la charte de déontologie signée par les membres du gouvernement.

A noter aussi que le Droit des Femmes, qui n'était jusqu'à présent qu'un secrétariat d'Etat devient un ministère de plein exercice. Quant à Ségolène Royal, que certains donnaient au Quai d'Orsay, elle reste à l’Écologie mais élargit le périmètre de ses responsabilités aux relations internationales sur le climat, qui relevaient jusqu'à présent des Affaires étrangères.

Si la sortie de Sylvia Pinel était programmée -elle entendait rejoindre la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées où elle a été élue première vice-présidente- l'éviction de Fleur Pellerin du ministère de la Culture et de la Communication est une surprise de taille. Elle est remplacée par Audrey Azoulay, conseillère pour la Culture et la Communication au cabinet du chef de l'Etat depuis juin 2014.

Du côté des radicaux de gauche, le départ de Mme Pinel est compensé par l'arrivée du patron du parti, Jean-Michel Baylet, qui hérite d'un ministère de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales.

Une nouveauté aussi dans ce gouvernement Valls 3, la création d'un secrétariat d'Etat à l'Aide aux victimes confié à Juliette Méadel, jusqu'à présent l'une des porte-parole du PS. Elle sera tout particulièrement chargée de suivre les dossiers des victimes des attentats de 2015.

«Ce gouvernement est la marque de l'incohérence de Hollande: mettre tout et son contraire dans un bocal et agiter... Une victime: la France!» a commenté Valérie Debord, porte-parole Les Républicains.

«Il n'y a aucun signal (...) de la moindre inflexion sur les grandes urgences sociales du pays», a réagi le secrétaire national du PCF Pierre Laurent. «Ce n'est pas la journée du changement», a déploré le socialiste frondeur Christian Paul.

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