Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat Force Ouvrière (FO), à Bordeaux, le 1er mai 2015.
Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat Force Ouvrière (FO), à Bordeaux, le 1er mai 2015. - Jean-Pierre MULLER AFP

Le numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, s'est interrogé mercredi sur le contenu du futur projet de loi sur la réforme du droit du travail, en se demandant ironiquement si ce serait une «loi El Khomri» ou une «loi El Macron».

«Des fois, je dis +je vais voir le projet de loi El Khomri ou le projet de loi El Macron ?+, parce que je ne sais qui pèse le plus dans cette affaire», a-t-il déclaré lors de l'émission «Questions d'info» LCP-France Info-Le Monde-AFP.

«J'entends le gouvernement qui veut moins payer les heures supplémentaires (...) j'entends le gouvernement qui veut (...) décentraliser les négociations dans l'entreprise (...) Donc (il va) fragiliser ou précariser», a-t-il dit.

Heures supplémentaires moins payées, négociations sociales au niveau de l'entreprise... Des points qui pourraient figurer dans le projet de loi préparé par la ministre du Travail Myriam El Khomri.

Ce texte, qui prévoit, entre autres, une réforme du code du travail, des mesures sur le numérique, la médecine du travail et le compte personnel d'activité, doit être présenté en Conseil des ministres le 9 mars.

Relancé, le secrétaire général de FO a répété: «El Khomri ou El Macron, je ne sais pas qui pèse le plus dans cette affaire».

«Je le trouve très influent. Avec M. (Jean-Pierre) Jouyet», le secrétaire général de l'Elysée, a ajouté M. Mailly.

«Les deux sont très influents», a-t-il affirmé. Très ou trop ? «Trop, parce que libéral».

En outre, «c'est la première fois, toutes couleurs politiques confondues, qu'on a un gouvernement aussi interventionniste», a dit M. Mailly, qui n'a également «jamais vu un gouvernement qui pratique aussi peu le dialogue social», pourtant un des leitmotivs de François Hollande.

Le numéro un de FO est également revenu sur le référendum en entreprise, qui doit figurer dans la loi El Khomri. La ministre du Travail a annoncé qu'en cas d'accords minoritaires dans les entreprises, les salariés pourraient être consultés par référendum pour les valider, suscitant l'opposition de la plupart des syndicats, à l'exception de la CFDT.

«La CFDT est pompier pyromane», a réagi M. Mailly. «Je vous ferai remarquer d'ailleurs que c'est le seul syndicat favorable», a-t-il dit.

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