Le Premier ministre Manuel Valls lors du débat à l'Assemblée nationale sur la déchéance de nationalité, le 5 février 2016 à Paris
Le Premier ministre Manuel Valls lors du débat à l'Assemblée nationale sur la déchéance de nationalité, le 5 février 2016 à Paris - LIONEL BONAVENTURE AFP

«Cette fois, on touche le fond de la piscine !» La première journée de discussion parlementaire sur le projet de révision constitutionnelle post-attentats a désolé la presse qui fustige samedi «un débat enlisé».

C'est sans surprise l'article du projet de loi consacré à la déchéance de nationalité qui a suscité les passes d'armes les plus vives à l'Assemblée et les commentaires les plus nombreux dans les journaux.

Dans une tribune publiée par Le Monde, Robert Badinter estime que la déchéance de nationalité voulue par l'exécutif pourrait passer par une modification du Code civil, sans aller jusqu'à la révision constitutionnelle.

Après les attentats de 2015 et «au regard de leur gravité et des souffrances des survivants et des familles, la querelle sur le point de savoir si leurs auteurs doivent échapper ou non à la déchéance de la nationalité française, selon qu'ils sont seulement français ou binationaux, apparaît comme secondaire» à l'ancien garde des Sceaux.

- 'Ornithorynque juridique' -

Décrié tant à droite qu'à gauche, l'article 2 sur la déchéance, «réécrit cinq ou six fois, ne satisfait plus personne» et «c'est donc bien la confusion qui règne», juge Bernard Stephan dans La Montagne/Centre France.

«Alors qu'il voulait rassembler, François Hollande s'est pris les pieds dans ses ficelles politiciennes», écrit Raymond Couraud dans L'Alsace, comparant le projet à «une espèce d'ornithorynque juridique».

«On ne domine pas un adversaire qui vous a déclaré la guerre avec des articles et des alinéas bien rédigés», ironise Hervé Chabaud de L'Union/L'Ardennais, jugeant «les coups de menton et superlatifs dans l'Hémicycle (...) bien dérisoires».

Dans La Presse de la Manche, Jean Levallois déplore «un débat difficile. Mal engagé. Et qui ne rassemble pas».

C'est ainsi que «la gauche de la gauche utilise le débat sur la réforme constitutionnelle pour marquer sa différence avec la ligne Valls», constate Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.

Avec en pointe, comme le souligne Guillaume Tabard dans son billet du Figaro, l'ancienne ministre Cécile Duflot dont le réquisitoire et une référence à Vichy ont provoqué une vive réplique de Manuel Valls.

Pour Yann Marec du Midi libre, «la verte algarade entre Manuel Valls et Cécile Duflot fait remonter à la surface les mauvaises odeurs de la politique». «Cette fois, on touche le fond de la piscine !» s'emporte l'éditorialiste.

Matthieu Verrier en tire comme conclusion dans La Voix du Nord que «le débat s'est à ce point enlisé que la seule porte de sortie semble être l'enterrement».

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