Jean-Guy Talamoni après avoir été élu président de l'Assemblée corse, le 17 décembre 2015 à Ajaccio
Jean-Guy Talamoni après avoir été élu président de l'Assemblée corse, le 17 décembre 2015 à Ajaccio - PASCAL POCHARD-CASABIANCA AFP

Le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a annoncé vendredi qu'il serait absent samedi lors de l’hommage officiel rendu à Ajaccio pour le 18e anniversaire de l'assassinat du préfet Claude Erignac.

«Dans la perspective d’une paix durable et de nouvelles relations entre la Corse et Paris, il faudra bien qu’un jour un hommage soit rendu à l’ensemble des victimes de ces quarante dernières années, dans le cadre d’une réconciliation symbolique entre tous ceux qui ont eu à souffrir du conflit», a déclaré M. Talamoni dans un communiqué.

Il a ajouté que «ce jour-là, que nous appelons de nos vœux, adviendra tôt ou tard, nous en sommes convaincus.»

Le président indépendantiste de l'assemblée de Corse a été élu en décembre dernier après la victoire des nationalistes aux élections territoriales.

Ses prédécesseurs, de même que les principaux élus insulaires, participent traditionnellement aux côtés des représentants de l'Etat à l’hommage au préfet Erignac, tué par balles à Ajaccio le 6 février 1998.

M. Talamoni a rappelé que «depuis quatre décennies, du fait de sa situation politique, la Corse a connu de nombreux drames» et que «le mouvement national (...) a payé un lourd tribut.»

«Notre culture et nos valeurs», a-t-il ajouté, «nous conduisent naturellement à respecter et à honorer les morts, tous les morts.»

Aussi, a-t-il souligné, «mon absence ne devra pas être interprétée comme une marque d’indifférence à l’égard de sa mémoire et de ses proches.» «Au nom de la Corse, notre respect et notre compassion leur sont acquis. Cependant, compte tenu de mon parcours personnel et politique, ce respect et cette compassion ne peuvent prendre la forme d’une participation à l’hommage officiel. J’estime que ma présence serait déplacée et sans doute n’est-elle même pas souhaitée», a dit M. Talamoni.

Le préfet Erignac avait été tué de trois balles de pistolet dans la nuque par un commando nationaliste alors qu'il se rendait en soirée, seul, à pied et sans protection à un concert de musique classique dans un petit théâtre du centre d'Ajaccio.

Un militant nationaliste, Yvan Colonna, qui a toujours nié être l'assassin du haut-fonctionnaire, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2011, au terme d'un troisième procès.

Sa défense a déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme.

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