La ministre française de l'Ecologie, Ségolène Royal, à Paris le 14 janvier 2016
La ministre française de l'Ecologie, Ségolène Royal, à Paris le 14 janvier 2016 - PATRICK KOVARIK AFP

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a assuré dimanche que «le combat» continuait contre les rejets de «boues rouges» polluantes par l’industriel Altéo dans les calanques marseillaises après l'autorisation de ces rejets par une décision préfectorale.

«Le combat continue, je suis saisie d'un recours hiérarchique et j'ai deux mois pour statuer sur ce recours», a indiqué Ségolène Royal à France 5.

Altéo, après 50 ans de rejets de «boues rouges» polluantes en Méditerranée, a obtenu fin novembre une nouvelle autorisation préfectorale: il a modifié ses procédés et ne rejette plus qu'un liquide filtré, mais que les opposants continuent de considérer comme polluant.

«C'est une très mauvaise décision mais ce n'est pas terminé car les associations, les riverains, des élus ont déposé un référé en suspension», devant le tribunal administratif, a ajouté Ségolène Royal.

«C'est le combat de l'économie contre l'écologie et ma conviction profonde c'est que détruire l'écologie c'est aussi détruire l'économie», a ajouté la ministre.

«Il faut intégrer le coût de la pollution dans le coût économique de l'entreprise et voir si l'entreprise est viable parce que quand on détruit la mer, on détruit d'autres emplois», a-t-elle poursuivi.

En cinquante ans d'activité, le site de Gardanne (Bouches-du-Rhône) de production d'alumine à partir de bauxite importée de Guinée - propriété depuis 2012 du fonds d'investissement américain HIG après son rachat à Péchiney et au géant minier anglo-australien Rio Tinto - a déversé plus de 20 millions de tonnes de boues rouges sur les fonds marins de la fosse de Cassidaigne, en plein cœur du Parc national des Calanques.

De son côté, Altéo assure que son «nouveau procédé d'exploitation du site de Gardanne aboutit à la réduction du flux de métaux rejeté de plus de 99% et constitue en cela une amélioration environnementale et industrielle majeure», grâce à l'utilisation d'un filtre-presse pour retenir les fameuse boues et les stocker en vue de leur valorisation.

Mots-clés :

  • Aucun mot-clé