L'ancien ministre du budget Eric Woerth, le 9 avril 2015 lors d'une réunion politique à Gouvieux (nord-est de Paris)
L'ancien ministre du budget Eric Woerth, le 9 avril 2015 lors d'une réunion politique à Gouvieux (nord-est de Paris) - KENZO TRIBOUILLARD AFP

Les propos d'Eric Woerth selon lesquels l'affaire Merah n'est «pas un attentat» mais «le crime d'un furieux» ont été vivement condamnés samedi mais l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy s'est défendu de toute ambiguïté sur le sujet.

«Ce sont des propos tout à fait choquants vis-à-vis des victimes» de Mohamed Merah, a déclaré à l'AFP le vice-président du Front national, Florian Philippot.

Sur le plateau d'i-TÉLÉ jeudi soir, alors qu'il débattait avec M. Philippot, Eric Woerth (Les Républicains) avait affirmé: «Il n'y a pas eu d'attentats terroristes sous Sarkozy. Le niveau de sécurité sous Sarkozy n'a jamais été aussi élevé».

En mars 2012, Mohamed Merah avait perpétré plusieurs attentats à Toulouse et Montauban au nom de l'islam radical, tuant sept personnes (trois militaires ainsi qu'un professeur et trois enfants d'une école juive) avant d'être tué alors qu'il était retranché à son domicile.

Le père d'un des militaires assassinés, Albert Chennouf, a également dénoncé les propos d'Eric Woerth: « , votre stratégie à nier l'attentat de 2012 à Toulouse pour nettoyer votre bilan est absurde», a-t-il réagi sur Twitter.

Alors que l'eurodéputé FN lui rappelait les attentats de Mohamed Merah, M. Woerth avait rétorqué: «C'est pas un attentat, c'est le crime d'un furieux. C'est pas Daech, c'est pas un réseau international». Il avait également affirmé, à propos de Merah: «Il a été arrêté».

Eric Woerth a répondu à la polémique samedi, également sur Twitter. «Il n'y a pas d'ambiguïté dans mon esprit : l'attentat terroriste commis par Merah est une abomination», écrit-il.

«Toutes les tentatives d'instrumentalisation et de déformation de mes propos sont abjectes», «les combats contre le terrorisme et l'antisémitisme pour lesquels je suis pleinement engagé méritent mieux qu'une vaine polémique», poursuit l'ancien ministre.

Albert Chennouf et sa famille avaient déjà exprimé en décembre leur «indignation» après des déclarations de Nicolas Sarkozy expliquant qu'il n'y avait eu «aucun attentat en France» entre 2002 et 2011, période où il était aux affaires. «Dans le bilan qu'il présente, Nicolas Sarkozy omet à dessein de mentionner que son quinquennat s'est terminé par les tueries atroces» de Merah, s'étaient-ils offusqués.

Carole Delga, présidente PS de la région Midi/Languedoc, a demandé samedi «des excuses publiques» à Eric Woerth. «Cette volonté de Nicolas Sarkozy et de ses amis de masquer la terrible vérité constitue une véritable insulte à la mémoire des sept victimes, dont trois enfants, à leurs familles et, au-delà, à nos deux villes marquées à jamais par cet acte terroriste», écrit-elle dans un communiqué.

Pour le député PS de Haute-Garonne Christophe Borgel, «les déclarations d’Eric Woerth sont frappées du sceau de l’irresponsabilité».

Condamnation également du CRIF, qui souligne que «l’enquête judiciaire a démontré qu’il s’agissait bien d’attentats terroristes».

«Les assassinats commis ont été planifiés et soigneusement conçus par une organisation terroriste. Les cibles n’ont pas été choisies par hasard. Un soutien logistique lui a fourni les moyens nécessaires», écrit le Conseil représentatif des institutions juives de France dans un communiqué. Pour le CRIF, «M. Woerth s’engage dans une voie dangereuse» qui «risque d’être utilisée à des fins de propagande par ceux qui soutiennent le djihadisme».

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