Le couturier français André Courrèges et son épouse Coqueline dans son atelier à Paris
Le couturier français André Courrèges et son épouse Coqueline dans son atelier à Paris - - AFP

Couturier «révolutionnaire» et «visionnaire», André Courrèges, icône des années 1960 avec ses minijupes, ses coupes architecturées et son style futuriste, est décédé jeudi à l'âge de 92 ans.

André Courrèges, qui avait cessé ses activités professionnelles dans les années 1990, «s'est éteint après un long combat de plus de trente ans contre la maladie de Parkinson», à son domicile de Neuilly-sur-Seine, près de Paris, a annoncé vendredi la maison Courrèges.

Ses obsèques se tiendront lundi à 16H00 dans une église de Pau (Pyrénées-Atlantiques), sa ville natale, a annoncé à l'AFP sa nièce Perrine Durandeau, ajoutant qu'il était décédé pendant son sommeil.

Entre robes mini aux lignes pures, bottes plates à mi-mollet, touches de vinyle et omniprésence du blanc, sa couleur fétiche, le couturier a su capter l'esprit du temps et marquer son époque en insufflant un vent de jeunesse et de futurisme à la mode. Françoise Hardy était son égérie, qu'il a habillée au début des années 1960.

Son style est adopté par la génération de «Salut les copains»: «Une mini-jupe, deux bottes Courrèges...», commençait la chanson de Michel Delpech «Inventaire 66» sortie en 1965.

«Toute sa vie, André Courrèges, avec (sa femme) Coqueline, n'a cessé d'avancer, d'inventer pour toujours devancer: un créateur visionnaire qui voyait déjà ce que serait le 21e siècle et qui croyait dans le progrès. C'est ce qui rend si moderne Courrèges aujourd'hui», ont déclaré Frédéric Torloting et Jacques Bungert, les coprésidents du groupe Courrèges, dans un communiqué.

François Hollande a souligné que Courrèges avait «marqué de son empreinte la haute couture française». «Créateur révolutionnaire, usant de formes géométriques et de matières nouvelles, Courrèges, c'était un style et une époque», a indiqué l'Elysée.

- 'Il n'a jamais copié personne' -

Jean-Charles de Castelbajac, qui avait réalisé deux collections en collaboration avec André Courrèges en 1993, a salué «un visionnaire».

«C'est quelqu'un qui arrive dans une époque chargée de falbalas, de choses qui ne sont pas essentielles, et lui va vers une dimension tout à fait en phase avec l'architecture et le design», a déclaré le créateur à l'AFP. «Ce qu'on retiendra, c'est qu'il n'a jamais copié personne, et puis cette gentillesse et cette attention à l'égard des autres», a-t-il poursuivi.

«On dit +Courrèges+ et l'on garde souvent le souvenir d'un univers tout en blanc. Mais, en vérité, le grand couturier savait aussi jouer avec audace des plus forts contrastes entre couleurs pures», a souligné Fleur Pellerin.

«Il aura finalement été l'inventeur d'un univers de formes et de couleurs où l'élégance ne pouvait se concevoir sans fantaisie, sans humour, sans la plus grande liberté d'esprit et de mouvement», a-t-elle dit.

Né à Pau le 9 mars 1923, André Courrèges, passionné d'architecture et de peinture, fait ses études à l'Ecole des Ponts et Chaussées avant d'opter pour la mode.

Il entre en 1950 chez Balenciaga, qui lui apprend le métier et chez qui il reste 11 ans. Il y rencontre sa future femme, avec qui il ouvre en 1961 sa maison de couture. Il raccourcit les vêtements, impose le pantalon. Son style rencontre un succès phénoménal.

Ses défilés étaient de vrais concepts, comme lorsqu'il avait installé une gigantesque bulle transparente dans le Jardin des plantes à Paris en 1980. En 1985, il avait investi un grand hôtel de Tokyo pour un événement mode et musique, au cours duquel les plus grands airs de la musique française étaient interprétés par 130 musiciens.

Il avait pris sa retraite en 1994, laissant sa femme poursuivre l'activité de la maison, vendue en 2011 au duo Frédéric Torloting et Jacques Bungert.

La marque longtemps en sommeil est en pleine relance. L'usine de Pau que Courrèges avait lui-même imaginée, a été rénovée en 2013 et deux jeunes créateurs à succès, Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer, sont en charge depuis mai 2015 de la direction artistique.

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