Mosquée de Lunel: élection d'un nouveau président d'association

Un nouveau président de l'association gestionnaire de la Mosquée de Lunel (Hérault) a été élu dans le calme dimanche après des mois de luttes de pouvoir autour de ce lieu de culte, a-t-on appris auprès de l'Union des musulmans de Lunel.

© 2015 AFP

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La mosquée de Lunel (sud) le 27 octobre 2015

La mosquée de Lunel (sud) le 27 octobre 2015 — PASCAL GUYOT AFP

Un nouveau président de l'association gestionnaire de la Mosquée de Lunel (Hérault) a été élu dans le calme dimanche après des mois de luttes de pouvoir autour de ce lieu de culte, a-t-on appris auprès de l'Union des musulmans de Lunel.

Benaïssa Abdelkaoui, qui était seul à se présenter à ce poste après la démission le 18 octobre de Rachid Belhaj, a recueilli 90 voix sur 92 votants, les deux bulletins restants étant nuls.

Âgé de 57 ans, M. Abdelkaoui est chauffeur routier et père de cinq enfants. Il a immédiatement fait part de sa volonté d'apaisement des tensions, assurant vouloir «parler à tous».

Driss El Moundi, président du Conseil régional du culte musulman, a exprimé sa satisfaction après ce vote, estimant qu'il était temps de «tourner une page».

L'élection n'a pas attiré beaucoup de fidèles, a pu constater une journaliste de l'AFP, alors que l'association compte près de 800 membres. Mais elle s'est déroulée dans le calme, deux voitures de la gendarmerie patrouillant régulièrement devant et autour du lieu de culte.

La mosquée de cette ville de 27.000 habitants située en Petite Camargue a été le théâtre de vives tensions au cours de ces derniers mois dans une localité traumatisée par le départ en 2014 d'une vingtaine de jeunes en Syrie et le décès d'au moins huit d'entre eux.

Une quinzaine de jeunes âgés de 18 à une trentaine d'années s'en étaient pris à l'imam Benasseur qui avait assuré lors d'un prêche qu'aller combattre en Syrie ne faisait pas partie des «préceptes de l'islam».

M. Benasseur avait porté plainte en juillet pour menaces de mort contre lui et sa famille. Deux des jeunes avaient été condamnés en septembre à 18 mois et 16 mois de prison avec sursis et interdiction de fréquenter la mosquée pendant deux ans. Mais ils ont fait appel et sont revenus sur les lieux, contraignant l'imam puis le président de l'association gestionnaire de la mosquée à la démission.

Prévu dimanche dernier, un premier vote pour élire un nouveau président avait été reporté d'une semaine en raison de tensions entre des participants.

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