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Vous affirmez que les créationnistes, selon lesquels la Terre a été créée en six jours comme le dit la Bible, ont de l'influence au Conseil de l'Europe. Pourquoi ?

J'ai travaillé pendant trois mois sur un projet de recommandation intitulé « Les dangers du créationnisme dans l'éducation ». Ce texte conclut que le créationnisme ne doit pas être étudié dans les écoles et les collèges car ce n'est pas une science. Il a été adopté par la commission culture du Conseil de l'Europe, et devait donc être débattu en séance publique de l'Assemblée parlementaire. Or lundi soir, son président René Van der Linden a avalisé son retrait de l'ordre du jour. Autrement dit, il tente de l'enterrer.

Qu'en concluez-vous ?

Le Conseil de l'Europe et le président Van der Linden cèdent aux pressions des groupes religieux intégristes. Nous assistons à un retour au Moyen-Age. Les créationnistes disent qu'une intelligence suprême a créé le monde et qu'on doit étudier cela. Selon eux, les scientifiques ont tort quand ils défendent l'évolution, selon laquelle l'homme et le chimpanzé ont des ancêtres communs, puisque cette théorie n'est pas conforme aux livres saints.

La France a déjà été confrontée à ce problème ?

Récemment, un milliardaire turc a fait envoyer dans tous les collèges français un ouvrage soutenant la thèse du créationnisme. A l'époque, le ministre de l'Education, Gilles de Robien, a commandé un rapport sur cet ouvrage au Collège de France. Conclusion : c'est un tissu d'âneries.

Alors pourquoi s'inquiéter ?

En France, il n'y a pas de risque, mais le Conseil de l'Europe, c'est quarante-sept pays. Un collègue polonais m'a dit qu'après ce refus de l'Europe, son ministre de l'Education, un intégriste, va sauter de joie, et expliquer que le Conseil de l'Europe approuve l'étude du créationnisme. En fait, il y a un danger dans tous les pays de l'Est.