Le Cran, qui fédère un millier d'associations et rassemble des sensibilités différentes allant de l'UDF aux Verts, avait soumis, avant cette réunion, aux principaux candidats à la présidentielle un "plan pour la diversité" comprenant une soixantaine de mesures.
Le Cran, qui fédère un millier d'associations et rassemble des sensibilités différentes allant de l'UDF aux Verts, avait soumis, avant cette réunion, aux principaux candidats à la présidentielle un "plan pour la diversité" comprenant une soixantaine de mesures. - Jean Ayissi AFP

Un candidat people loin d’être consensuel. Face au député sortant communiste Patrick Braouezec dans la deuxième circonscription de Seine-Saint-Denis, le MoDem de François Bayrou a dégainé la candidature de l’ancien judoka Djamel Bouras. «Les gens se disent qu’avec lui, non-professionnel de la politique investi dans des associations de jeunesses en banlieue, il peut y avoir un vrai changement», explique Jean-Christophe Lagarde, député-maire UDF de Drancy et «ami» du sportif. «Je l’avais rencontré une première fois durant les émeutes de l’automne 2005. Il a été reçu par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle mais c’est François Bayrou qu’il a décidé finalement de soutenir», explique l’élu.
 
«Compagnon de route de forces radicales»

 
«On ne présente pas à l’Assemblée nationale des gens structurés par le ressentiment, Djamel Bouras est un compagnon de route de forces radicales» réagit pourtant Patrick Klugman, vice-président de SOS Racisme. Lequel énumère les précédents engagements du candidat : soutien à Dieudonné, à la chaîne du Hezbollah Al Manar, en décembre 2004 ou encore manifestation contre la loi sur la laïcité à l’école, en janvier 2004, aux côtés du groupuscule radical du Parti des Musulmans de France (PMF)», confie-t-il. Mais s’il est «très choqué», c’est bien davantage par l’investiture du MoDem que par le parcours de l’ancien champion olympique. «Bayrou a beau jeu de critiquer le communautarisme, il présente de nombreuses candidatures ethniques en banlieues».
 
«Des positions que je n’ai pas envie d’avoir»
 
Même réaction chez Corinne Lepage, elle-même soutien du MoDem : «Je regrette profondément cette candidature surprenante décidée à la dernière minute mais personne n’a sollicité mon avis. Les positions de Djamel Bouras ne sont pas celles que j’ai envie d’avoir, notamment sur la laïcité». Et la dirigeante de Cap 21 de promettre «de clarifier cette question» très vite au sein du mouvement centriste.
 
«Ne pas le réduire à cela»

 
«Cette description de Djamel n’a rien à voir avec celui que je connais», répond Lagarde qui dit ne pas avoir eu connaissance des engagements passés de son collègue. «Il ne fait que se positionner sur le créneau de l’islamophobie et du ressentiment à l’égard des musulmans depuis le 11 septembre 2001». Mais concède qu’il «est possible que Djamel ait été piégé par le passé. La connaissance des mouvements intégristes n’est pas la chose la mieux partagée du monde. Mais on ne peut le réduire à ça». Sollicité par 20 Minutes depuis lundi, Djamel Bouras n’a pour l’instant pas répondu à nos questions.
 

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