Faire du chiffre ne veut pas forcément dire avoir de bons résultats. Avec l'instauration de la culture du résultat, Nicolas Sarkozy, qui aura été ministre de l'Intérieur pendant plus de quatre ans depuis 2002 et le retour de la droite au gouvernement, a profondément modifié le fonctionnement de la police, mais aussi celui de la justice. Le candidat UMP à la présidentielle met en avant  ses bons résultats en matière de lutte contre l'insécurité. La réalité est plus complexe.· La baisse de la délinquance « Alors que la délinquance avait augmenté de 17,8 % entre 1997 et 2002, elle a baissé de 9,4 % depuis 2002 », répète souvent Nicolas Sarkozy. Ce chiffre masque un point noir : l'augmentation des violences aux personnes de 13,9 % sur ces cinq dernières années.· La réalité des chiffres La question de la crédibilité des statistiques se pose toujours. Le système est connu : pour faire baisser les chiffres, les policiers peuvent prendre des mains courantes plutôt que des plaintes. Et de nombreux éléments sont sujets à interprétation. Par exemple, Sarkozy met en avant l'augmentation du taux d'élucidation. « Mais ce taux représente les affaires que les policiers pensent avoir résolues, explique un magistrat. Or, beaucoup de leurs procédures ne donnent pas lieu à des poursuites. »De même, avec la culture du résultat, les statistiques officielles reflètent plus l'activité des policiers que la réalité de la délinquance. Des chercheurs qui se sont penchés sur des enquêtes scientifiques estiment que le niveau et les formes de délinquance ont peu évolué depuis... 1997.· Le laxisme de la justice Il est courant d'entendre chez les policiers que leur travail est entravé par le laxisme de la justice. Pourtant,  certains chiffres disent le contraire. On est ainsi passé de 49 000 détenus en 2001 à plus de 60 000, rappellent des magistrats. Et selon les statistiques du ministère de la Justice, 592 498 personnes ont été condamnées pour des crimes, délits ou contraventions de 5e classe en 2006 contre 477 935 quatre ans plus tôt.

 

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