Après les violences de l'après-midi, début d'évacuation à la gare du Nord

TRANSPORTS – Des affrontements ont opposé policiers et jeunes…

Magali Gruet et Michaël Hajdenberg

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Emeutes à la gare du Nord le mardi 27 mars 2007, entre policiers et plusieurs centaines de jeunes après un contrôle de ticket qui a dégénéré.

Emeutes à la gare du Nord le mardi 27 mars 2007, entre policiers et plusieurs centaines de jeunes après un contrôle de ticket qui a dégénéré. — S. Ortola / 20Minutes

Début d’émeute et arrestations en chaîne mardi à la gare du Nord. La station a été le théâtre de violents affrontements entre plusieurs bandes de jeunes et des policiers. Jusqu’à 300 personnes ont participé aux violences, perturbant fortement le trafic des lignes 4 et 5 du métro, qui ne s’arrêtaient plus à cette gare.

A 22h30, plus d’une centaine de jeunes faisaient toujours face aux policiers, même si la situation avait «tendance à se calmer» selon la préfecture de police : « C’est tendu, mais ce ne sont pas des affrontements directs. »

Les policiers ont commencé mardi soir peu après 23H30 à faire évacuer de force la station de métro Gare du Nord. Selon un journaliste de l'AFP, par une série de charges et à l'aide de jets de gaz lacrymogène dans le grand hall de la station, les forces de l'ordre sont parvenues à faire sortir, en direction de l'extérieur ou vers des quais, la plupart des jeunes. Quelques dizaines d'entre eux continuaient toutefois à jouer au chat et à la souris avec les policiers, dans la station de métro, la gare SNCF ou à l'extérieur.


Après plusieurs départs de feu, de la fumée se répandait dans les travées mais la gare restait toujours ouverte pour permettre aux derniers voyageurs bloqués sur place de regagner leur domicile.

Deux versions s’opposent sur l’incident à l’origine du débordement qui a commencé vers 17 h 30. Des témoins parlent d’un jeune homme « qui se serait fait contrôler par deux agents RATP car il est passé sans ticket au tourniquet ». La scène aurait mal tourné, les gendarmes seraient intervenus, et il se serait retrouvé à terre, le « bras cassé ».

Pour les policiers, « un homme de 33 ans s’en est pris à deux agents de la RATP » qui ont appelé du renfort. Mais l’homme n’aurait «aucunement été blessé».

Jets de poubelles

Ensuite les versions se rejoignent : un « groupe de personnes s’interpose pour empêcher son interpellation », raconte la police. Les insultes fusent. « Les gendarmes sortent les bombes lacrymo », selon des témoins. Le jeune est interpellé et emmené dans un local RATP.

Mais des groupes veulent en découdre et, aux cris de « Sarkozy enculé», jettent des objets sur les policiers : poubelles, bouteilles, pots de fleurs…

Voyageurs bloqués
Les distributeurs sont bientôt dévalisés, le magasin de chaussures Foot Locker est fracturé. Les jeunes, non cagoulés, se servent. Les escalators sont brisés, et des ordinateurs dérobés dans un local d’accueil. Mohammed, vendeur de téléphones portables dans la gare, voit certains casseurs s’en prendre à sa vitrine. Pour « protéger [ses] biens », il assure qu’il compte « passer la nuit sur place avec [ses] frères ».

Les policiers, en civil et en uniforme, coursent les jeunes, dont une grande partie de filles, et procèdent à des interpellations en flagrant délit, sous le regard interloqué des voyageurs bloqués dans la gare.

Les forces de l’ordre avaient en effet du mal à établir une stratégie pour faire évacuer les lieux. Au niveau -2 de la gare, on dénombre quelque 36 escaliers et 15 escalators, donc autant d’issues offertes aux émeutiers pour se dérober. Et les policiers ne disposaient pas du matériel nécessaire pour les bloquer. Mardi soir, la préfecture faisait état de neuf interpellations.

Métros
Le trafic a été perturbé durant l’incident. Les rames de métro des lignes 4 et 5 ne marquaient plus l’arrêt dans cette station en début de soirée.

Vidéo
Le sujet de France 2 au journal télévisé de mardi soir.

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