Les principaux syndicats enseignants parisiens ainsi que la FCPE et RESF appellent à un rassemblement lundi à 18h00 devant le siège du rectorat de Paris pour protester contre la mise en garde à vue, vendredi, de la directrice de l'école maternelle Rampal (19e).
Les principaux syndicats enseignants parisiens ainsi que la FCPE et RESF appellent à un rassemblement lundi à 18h00 devant le siège du rectorat de Paris pour protester contre la mise en garde à vue, vendredi, de la directrice de l'école maternelle Rampal (19e). - Juliette Warlop AFP

Juliette Warlop, journaliste indépendante, a filmé les incidents entre parents d'élève et policiers suite à l’interpellation d’un grand-père chinois devant une école du XIXe arrondissement, mardi dernier. Elle raconte à 20minutes.fr ce qui s’est réellement passé.

Beaucoup d’internautes, qui ont visionné votre vidéo sur notre site, se sont interrogés sur la raison de votre présence au moment des faits. Pouvez-vous leur répondre?

On m’a tout simplement appelé. Un réseau de solidarité, composé de membres de RESF mais aussi de parents d’élèves, s’est créé spontanément dans le quartier après la multiplication des «rafles» depuis cet été. Dès que quelqu’un est témoin d’une interpellation de sans-papiers, il appelle les autres. Comme les gens savent que je suis journaliste et que j’ai une caméra, je suis régulièrement sollicitée.

Vos images ont été diffusées sur toutes les chaînes sans que votre nom soit cité. Vous êtes pourtant une professionnelle…

Ce n’est pas très grave. L’important, c’était de diffuser ces images, pas de me faire de l’argent sur un scoop. Je suis parente d’élève, membre de RESF et journaliste. Là, j’ai sorti la troisième casquette car il était de mon devoir de témoigner. Je n’ai pas pu filmer le moment où les policiers sortaient leur gaz lacrymogène car un flic m’a neutralisée et a essayé de casser ma caméra. Avant, la simple présence de ma caméra suffisait à les dissuader d’interpeller un sans-papiers du quartier. Aujourd’hui, il en faut plus. Je vais d’ailleurs porter plainte.

Comment expliquez-vous que la situation ait dégénéré?

Les habitants du quartier n’en peuvent plus. La veille, il y avait eu cette maman chinoise arrêtée alors qu’elle venait chercher sa fille à l’école. Les parents d’élèves, dont je fais partie, en ont assez de ce climat de tension. Ce sont eux, et non des activistes dangereux comme certains ont pu le croire, qui ont essayé d’empêcher l’arrestation du grand-père chinois. Leurs enfants sont copains avec des enfants étrangers, eux-mêmes se sont liés avec des sans-papiers. Tous les jours, ils ont peur que l’un d’eux soit arrêté.

Les arrestations sont nombreuses dans le quartier?

Elles sont quotidiennes. Les policiers vont à la pêche aux sans-papiers, munis de réquisitions prétextes pour port d’armes. Si encore ils venaient vraiment pour rétablir la sécurité, mais ce sont eux qui nous font peur, en tout cas leur mission. Malheureusement, il faut attendre une bavure pour que les grands médias s’intéressent à mes images…

Propos recueillis par Catherine Fournier

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