Un ancien neurochirurgien a été condamné mercredi par la cour d'appel de Riom (Puy-de-Dôme) à trois ans de prison et à une interdiction définitive d'exercer pour avoir pratiqué des opérations du dos injustifiées sur 23 patients dont deux en sont morts.

«C'est une décision d'une sévérité exceptionnelle pour un délit non-intentionnel», a estimé l’avocat de Gilles Colnet, 59 ans. La cour d'appel a expliqué cette peine maximale par «la gravité des fautes commises et des conséquences qui en résultent (…), en dépit des avertissements qui lui étaient donné pour ses échecs successifs étalés sur plus de quatre années». Les juges ont également estimé que le neurochirurgien s’était «obstiné à opérer des patients mal ou non informés d’origine souvent modestes qui lui vouent tout leur confiance».

Pour finir ce tableau à charge, la cour a ajouté que les deux opérations pratiquées par le Dr Colnet sur un des patients décédés, «inutiles, invalidantes et de surcroît mal réalisées», ont «participé dans une mesure non négligeable au délabrement de son état de santé». Elles ont «participé à sa mort» et à «d'inutiles souffrances sur une période de trois années».

En première instance, Gilles avait été condamné à Clermont-Ferrand à deux ans de prison pour blessures involontaires. Le tribunal correctionnel l'avait relaxé pour les deux homicides involontaires. Le parquet avait fait appel.

Gilles Colnet avait déjà été condamné à deux ans de prison et à une interdiction définitive d'exercer pour une première série d'opérations abusives sur 16 patients entre 1995 et 1998. La peine prononcée en juin 2004 par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand avait été confirmée par la cour d'appel de Riom en avril 2005.

«Quel est l'intérêt de mettre en prison un médecin dans une affaire comme cela, c'est un véritable lynchage», a déclaré à l'AFP Me Xavier Barge, l'un des avocats de l’ancien médecin. Les avocats des victimes se sont eux déclarés «très satisfaits».

Gilles Colnet, radié à vie en 2005, était libérable le 31 mai. Il est actuellement sous surveillance électronique en Gironde.

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