Très attendus, les responsables politiques vont entrer en force mercredi, avec plusieurs candidats potentiels à l'élection présidentielle, François Bayrou (UDF), Nicolas Sarkozy (UMP) et Dominique Strauss-Khan (PS).  Pour le PS, François Hollande et Jack Lang pourraient faire le déplacement eux aussi, tandis que Ségolène Royal a décliné l'invitation.
Très attendus, les responsables politiques vont entrer en force mercredi, avec plusieurs candidats potentiels à l'élection présidentielle, François Bayrou (UDF), Nicolas Sarkozy (UMP) et Dominique Strauss-Khan (PS). Pour le PS, François Hollande et Jack Lang pourraient faire le déplacement eux aussi, tandis que Ségolène Royal a décliné l'invitation. - Fred Dufour AFP/Archives

Bill Clinton a trouvé ses maîtres. Ils sont nombreux, et tous français. La lecture de Sexus politicus (Albin Michel) achevée, les frasques du président américain semblent bien légères comparées à l'appétit de nos hommes politiques. Députés, ministres, présidents, leur faim de sexe est dévorante, rapportent les journalistes Christophe Deloire (Le Point) et Christophe Dubois (Le Parisien). Rares sont les hommes passés à l'Elysée et à Matignon à échapper à la règle, si ce n'est le général de Gaulle ou Lionel Jospin. Même le si sérieux Alain Juppé « écrivait des courriers censés être poétiques à des journalistes ».

Cette enquête, fondée sur des témoignages, des archives de presse et d'édition, est la première du genre. La tradition française est de ne pas publier ce genre d'informations. Cette fois, tout est couché noir sur blanc. Salutaire, estime le politologue Dominique Reynié. « Ce livre est nécessaire, car il met en adéquation la réalité du monde politique et la perception qu'on peut en avoir. » Quelques exemples d'obsédés qui nous gouvernent.

Mitterrand fait son marché

La réputation d'homme à femmes faite à François Mitterrand n'est pas tout à fait juste. Elle est très sous-estimée. Collaboratrices, actrices, journalistes, anonymes, la liste des conquêtes est sans fin. Les auteurs citent la journaliste Michèle Cotta, intime de Mitterrand : « Il ne concevait pas un congrès ou une réunion politique sans partir à la fin avec une fille. » L'ancien président « aimait se donner le choix jusqu'à la dernière minute (...) Il pouvait y avoir trois ou quatre femmes qui l'attendaient. Il leur disait : rentrez chez vous et attendez. Beaucoup ont longtemps patienté derrière leur téléphone. »

L'amour déçu de Chirac

Un chapitre de Sexus politicus est intitulé : « Chirac ne pense qu'à ça ! ». Mais c'est un autre chapitre, « la liaison dangereuse de Chirac », qui retient l'attention. En 1974, Jacques Chirac entre à Matignon. Dans le même temps, il entame une liaison avec une journaliste du Figaro. Le Premier ministre tombe amoureux. Il songe à quitter sa femme. La France d'alors n'élira jamais un président divorcé, estiment ses conseillers, qui rêvent de le porter à l'Elysée. A l'été 1976, Chirac téléphone à sa maîtresse : « C'est fini, j'ai l'interdiction de te revoir. » La journaliste tentera de se suicider.

Drôle de redressement fiscal

Le pouvoir est un formidable aphrodisiaque, selon les élus. Michel Charasse, ministre du budget entre 1988 et 1992, explique aux auteurs qu'il a fait face aux avances de la chanteuse Lio. Sauf qu'elle présente une version opposée. Elle raconte avoir obtenu un rendez-vous avec le ministre pour négocier son redressement fiscal de 3,7 millions de francs. Michel Charasse aurait tenu à lui montrer ses appartements privés, puis sa chambre. Où il lui aurait proposé, en vain, de lui « apprendre le baiser japonais ». « Une passe à 3,7 millions ! », s'amuse Lio. Le ministre dément. Sylvia Bourdon, ancienne reine du porno, fait un récit similaire. Venue négocier une dette, elle aurait entendu de la bouche de Michel Charasse : « T'es un mec ou quoi ? J'te plais pas ? J'chuis trop moche pour toi ? » Lui nie.

Villepin, Sarkozy, DSK...

Le Premier ministre n'échappe pas à une mention. Son épouse, Marie-Laure de Villepin, aurait giflé en public une jeune pharmacienne, qu'elle soupçonnait d'être sa maîtresse. Nicolas Sarkozy ne sort pas non plus grandi du récit de sa séparation (provisoire) d'avec Cécilia. Le ministre, quitté à cause de ses infidélités supposées, a surtout subi les départs puis les retours d'une Cécilia hésitante. Ce qui n'est pas la version officielle. Plus croustillant est le chapitre consacré à Dominique Strauss-Kahn. En 2003, Le Nouvel Observateur écrit qu'« un ministre » a participé activement à une soirée dans une boîte échangiste à la mode. DSK, furieux car son nom est cité en ville, aurait eu une conversation musclée avec un des patrons de la rédaction.

Stéphane Colineau

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