Accident à Millas: Un mois après le drame, où en est l'enquête?

ENQUÊTE « 20 Minutes » fait le point sur ce que l'on sait des investigations sur cette violence collision entre un bus scolaire et un TER dans laquelle six enfants ont perdu la vie...

Nicolas Bonzom

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A Millas, le bus scolaire a été coupé en deux.

A Millas, le bus scolaire a été coupé en deux. — N. Bonzom / Maxele Presse

Le 14 décembre, une collision entre un bus scolaire et un TER faisait six morts et de nombreux blessés, sur le passage à niveau n°25, à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. Un mois après l’accident, 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait des investigations.

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La conductrice assure que les barrières étaient levées

Dès le soir de l’accident, la quadragénaire qui était au volant du bus scolaire, le 14 décembre, a certifié que rien ne lui aurait indiqué qu’un train arrivait sur la voie. Selon cette employée d’une entreprise d’autocars, mise en examen pour homicides involontaires, il n’y avait « ni voyant, ni barrière », quand elle s’y est engagée. « Je vérifie qu’il n’y a pas de feu clignotant. Les barrières sont normalement levées et il n’y a pas de voiture, aurait-elle expliqué lors de ses différentes auditions, indique L'Indépendant. Je tourne. J’engage la première (…) Après ça, il n’y a plus rien, plus de souvenir. Jusqu’à ce que je me réveille par terre. Après, je ne savais pas où j’étais, je ne comprenais pas. »

Certains automobilistes, et des passagers du bus, soutiennent aussi que les barrières étaient levées. Mais c’est pourtant l’hypothèse d’une barrière baissée qui est privilégiée par le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux. Un scénario corroboré par des témoignages d’autres automobilistes présents lors du choc et par le conducteur du train.

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Les expertises techniques, au cœur des investigations

Pour Jean Codognès, l’avocat de la conductrice, « les témoignages ne seront pas déterminants, assure-t-il à FranceInfo. Ce sont les expertises techniques qui fourniront la clé de l’énigme. » Et pour l’instant, les informations qui ont filtré tendent vers un bon fonctionnement du passage à niveau, à l’image d’une enquête interne de la SNCF, rendue publique fin décembre. Si les analyses se poursuivent, le procureur confiait quelques jours après le drame que « l’armoire électrique qui assurait le fonctionnement ne présentait pas de dysfonctionnement » et que l’analyse du « bloc d’articulation de la barrière » avait montré qu’elle se trouvait « en position fermée ».

Une collision entre un autocar scolaire et un train à Millas a fait au moins cinq morts, le 15 décembre 2017.
Une collision entre un autocar scolaire et un train à Millas a fait au moins cinq morts, le 15 décembre 2017. - SIPA

Autre détail évoqué par Xavier Tarabeux : des traces de peinture ont été décelées sur le bus accidenté. Des investigations sont actuellement menées pour tenter de savoir si oui, ou non, elles pourraient provenir de la barrière du passage à niveau n°25 de Millas.

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Un SMS non lu sur le téléphone portable de la conductrice

Présentée par son employeur comme une « conductrice expérimentée », professionnelle, embauchée en CDI en avril, la conductrice du bus n’aurait pas pris place dans son véhicule habituel, sans que cela ne perturbe son travail, indique L’Indépendant, et elle assurait ce parcours depuis la rentrée. Plusieurs détails ont été passés au peigne fin par les enquêteurs, mais rien n’a permis d’expliquer le drame : la quadragénaire aurait reçu un SMS peu avant l’accident, mais il n’aurait pas été lu, et elle n’aurait pas été victime d’un malaise, note Le Parisien. Par ailleurs, aucune prise de médicaments, qui aurait été susceptible de troubler son comportement, n’aurait été décelée.