Agression de deux policiers à Champigny-sur-Marne: La difficile identification des auteurs

ENQUETE Le gouvernement a promis une réponse ferme après l’agression des deux policiers à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) le soir du réveillon du Nouvel An…

Caroline Politi

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Des policiers sur les lieux de l'agression de deux de leurs collègues à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) en marge d'une soirée de Nouvel An.

Des policiers sur les lieux de l'agression de deux de leurs collègues à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) en marge d'une soirée de Nouvel An. — THOMAS SAMSON / AFP

  • Les deux policiers ont écopé de sept et dix jours d’ITT.
  • Deux gardes à vue ont été levées ce mardi.
  • Un minutieux travail d’analyse vidéo commence.

Les vidéos sont un peu floues, souvent mal cadrées mais suffisent à témoigner de la violence de l’agression. Dans la nuit du Nouvel An, alors qu’ils intervenaient sur une soirée en train de dégénérer, deux policiers ont été passés à tabac par un groupe d’individus à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne.

La rixe a démarré quelques minutes avant minuit aux abords d’un hangar transformé sans autorisation en salle de fête pour la Saint-Sylvestre. Le tarif attractif a attiré environ 600 personnes, bien plus que ce que la salle peut accueillir. Furieux d’être refoulé à l’entrée, un groupe d’individus tente alors de forcer l’accès, détruit un mur puis saccage la salle. En sortant, ils détériorent du mobilier urbain, retournent une voiture.

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« Lynchage lâche et criminel »

Lorsque les deux policiers arrivent, de longues minutes avant les renforts, ils sont immédiatement pris à partie. « Dans cette attaque inadmissible, la rue a été transformée en arène, des individus se déchaînent sur des collègues à terre pendant que d’autres filment, regardent et encouragent », déplore Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa police.

La jeune gardienne de la paix, qui n’affiche qu’un an d’expérience au compteur, a été rouée de coups alors qu’elle était au sol. Très choquée et souffrant de « nombreux hématomes » sur le corps, elle a écopé de sept jours d’ITT. Son capitaine, dont le nez a été fracturé, a été arrêté dix jours. « Les coupables du lynchage et criminel des policiers faisant leur devoir la nuit du 31 seront retrouvés et punis », a immédiatement réagi Emmanuel Macron sur Twitter.

« Un travail de fourmi »

Mais identifier précisément les auteurs des coups dans une foule de 600 personnes n’est pas chose aisée. « C’est un travail de fourmi pour savoir qui était où et qui a fait quoi », reconnaît une source proche de l’enquête. Les gardes à vue des deux personnes interpellées le soir même ont été levées ce mardi matin. L’un d’eux sera convoqué ultérieurement par le tribunal correctionnel pour « outrage et rébellion », mais dans les deux cas, ni l’un ni l’autre ne sont soupçonnés d’avoir pris part aux violences contre les policiers, précise une source judiciaire.

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Pour identifier les auteurs, les films devenus viraux sur les réseaux sociaux ainsi que les images des caméras de vidéosurveillance sur toute la zone sont décortiquées image par image. Si aucun visage n’apparaît nettement, les enquêteurs chercheront à mettre en lumière des signes distinctifs, qu’ils soient physiques ou vestimentaires, qui pourront ensuite être recoupés sur des images plus nettes. A cette exploitation vidéo, s’ajoute le travail de la police technique et scientifique. De nombreux prélèvements ont été faits lundi notamment autour des voitures détériorées. Ces pistes pourront enfin être recoupées par l’étude de la téléphonie qui permet notamment de dire si le téléphone d’un individu a « borné » dans la zone.