Le trafic de cannabis servait-il à financer la cavale du chef?

DROGUE Quelque 212 kg de cannabis ont été découvert dans un véhicule…

Caroline Politi

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Une voiture de police. (Illustration)

Une voiture de police. (Illustration) — V. WARTNER / 20 MINUTES

  • Lors du démantèlement de ce trafic de stupéfiants, les forces de l’ordre ont saisi de la drogue, de l’argent en cash, des montres de luxe, des voitures, des motos…
  • Le réseau agissait de la région parisienne jusqu’à Nantes via Angers.

Les chiffres donnent le tournis : 212 kg de cannabis saisis, plus de 100.000 euros en liquide, tout autant sur des comptes en banque, près de 75.000 euros de montres de luxe, une dizaine de voitures et de motos… Un vaste trafic de stupéfiants, dont les ramifications s’étendent de la région parisienne à Angers en passant par Nantes, a été démantelé en début de semaine, a appris 20 Minutes de sources concordantes. Huit personnes, dont deux femmes, ont été déférées ce vendredi au parquet de Paris, en vue d’une éventuelle mise en examen.

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A l’origine, pourtant, les investigations portaient sur un fugitif nantais, Pierre Tan. Cette figure du grand banditisme était recherchée depuis le 31 juillet 2013, notamment soupçonné d’être impliqué dans le meurtre d’un homme à Vigneux-le-Bretagne, en Loire-Atlantique. « Au cours de l’enquête, nous nous sommes aperçus qu’il était lié à un trafic de cannabis d’envergure qui lui permettait, semble-t-il, de financer sa cavale et d’assurer son train de vie », explique Frédéric Doidy, le chef de l’office central de lutte contre le crime organisé (OCLO) qui a mené les investigations avec le concours de la PJ de Nantes, de Versailles et d’Angers.

Une ferme de cannabiculture en Vendée

Pendant quatre ans, l’homme est insaisissable. Il passe de planque en planque, échappant à chaque fois aux policiers. Jusqu’à son interpellation cet été à Roissy alors qu’il revient de Dubaï. Pourtant, le trafic de cannabis ne cesse pas. L’enquête se poursuit donc pour tenter d’interpeller ses complices présumés, âgés de 35 à 45 ans, pour la plupart « très connus des services de police », selon la formule consacrée.

Dans la nuit du 26 au 27 novembre, quatre individus, soupçonnés de se livrer à un go-fast entre l’Espagne et la France sont arrêtés. Deux d’entre eux sont interpellés en Côte-d’Or, sur l’autoroute A6, avec 212 kg de cannabis à bord. L’autre voiture, probablement l’ouvreuse, est arrêtée en région parisienne sur l’A5. Le lendemain, cinq autres personnes sont interpellées. Au cours des perquisitions, quelque 100.000 euros en liquide ont été retrouvés en Seine-et-Marne chez un homme identifié comme étant l’une des figures de ce réseau. Dans la région vendéenne, une ferme de cannabiculture a été mise à jour. Une quinzaine de voitures et motos de luxe, des montres, des bijoux ont été saisis.