Bébés morts en Alsace: La mère de famille reconnaît les faits, un cinquième cadavre découvert

ENQUETE Tandis qu’on apprenait ce jeudi matin que l’enquête sur les quatre cadavres de bébés découverts dans des sacs en 2003 dans la forêt de Galfingue avait rebondi, le procureur de Mulhouse a tenu un point presse…

B.P.

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Le procureur de la République de Mulhouse Dominique Alzéari, lors d'un précédent point presse, en 2015.

Le procureur de la République de Mulhouse Dominique Alzéari, lors d'un précédent point presse, en 2015. — Alexia Ighirri/20 Minutes

  • Quatorze ans après la découverte de quatre cadavres de bébés morts dans une forêt du sud de l'Alsace, l'affaire a rebondi.
  • Après une concordance ADN réalisée après une bagarre entre voisins, les gendarmes ont interpellé un couple mardi.
  • Et, ce jeudi, la mère, passée rapidement aux aveux, a été mise en examen, tandis qu'un cinquième corps a été découvert.

Les premières informations sont sorties dans la presse locale ce jeudi matin. Quatorze ans plus tard, l’affaire des quatre cadavres de bébés retrouvés dans la forêt de Galfingue (Haut-Rhin) en 2003 a bien rebondi en début de semaine.

Le procureur de la République de Mulhouse l’a confirmé ce midi dans un point presse diffusé par France 3 Alsace.

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Un cinquième cadavre découvert dans leur maison

Interpellée avec son concubin mardi, une mère de famille a été déférée au parquet et mise en examen pour « homicides volontaires » sur ses enfants ce jeudi matin à l’issue de quarante-huit heures de garde à vue. Âgée d’une cinquantaine d’années et mère de trois autres enfants, elle a, d’après Dominique Alzeari, reconnu les faits dont elle n’a parlé à personne.

Le procureur a aussi dévoilé que les enquêteurs ont découvert un cinquième cadavre de bébé, caché dans le domicile où elle vivait avec son conjoint et ses trois enfants. Après son passage devant le juge d’instruction, elle a été présentée au juge des libertés et de la détention en vue d’une incarcération demandée par le parquet. Elle risque une peine à perpétuité.

Une condamnation à perpétuité encourue

« Mais ce sera une affaire longue et complexe, prévient Dominique Alzeari. Une expertise complexe devrait débuter, notamment du point de vue psychologique et psychiatrique, pour reconstituer cette histoire. » A partir du début des années 1990, la mère de famille aurait dissimulé ses grossesses et accouchements puis la mort des bébés et le transport des cadavres dans des sacs poubelle.

Selon ses aveux présentés aux gendarmes – et qui auraient pour elle représenté une sorte de « délivrance » d’après les termes du procureur –, son concubin et ses trois enfants n’en ont jamais rien su. « Elle n’a par ailleurs pas fourni d’explication, elle dit qu’elle n’en voulait pas », ajoute Dominique Alzeari. Avant d’insister : « L’expertise et l’enquête rendent ces aveux crédibles. »

L’enquête relancée en avril après un différend entre voisins

Ouverte en 2003 après la découverte des quatre cadavres, l’information judiciaire contre X a été fermée en 2009 puis rouverte en 2013 avec les progrès scientifiques. Des analyses ADN avaient révélé qu’au moins trois des quatre nouveau-nés étaient de la même mère. En avril 2017, une bagarre entre voisins a finalement relancé l’enquête.

A partir d’une concordance ADN observée par les gendarmes, la section de recherches de Strasbourg a ainsi obtenu une commission rogatoire d’un juge d’instruction, préalable aux interpellations du couple réalisé en ce début de semaine. Si la mère est passée aux aveux, le père, pas au courant, a été mis hors de cause d’après les propos du procureur.