Le jour où ils sont devenus ministres

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Publié le 15 mai 2012.

TEMOIGNAGES - Comment les heureux élus ont appris la nouvelle de leur nomination au gouvernement...

C’est parfois simple comme un coup de fil. Comme Benoist Apparu qui reçoit un soir de juin 2009 un appel de François Fillon. Le Premier ministre veut lui confier le secrétariat au Logement. Pas forcément sa spécialité mais à 39 ans, le député de la Marne n’hésite pas. L’affaire est réglée en «30 secondes, je n’ai même pas réfléchi», se souvient-il.  «Je n’avais pas l’ombre du début d’un signe avant coureur, même si mon nom circulait», se souvient-il. Pour Thierry Mariani, nommé secrétaire d’Etat aux Transports en novembre 2010, «c’est la seule fois depuis 2007 où l’on ne m’a rien promis et que j’ai obtenu quelque chose». L’entretien avec Fillon est bref – il accepte immédiatement - «à 19h15 alors que le gouvernement était annoncé à 20 heures».

Corinne Lepage, nommée ministre de l’Environnement en 1995, a eu un entretien d’une heure avec Alain Juppé, futur Premier ministre, au Quai d’Orsay. «J’étais un peu étonnée, mais j’avais des compétences en la matière», explique-t-elle. Elle a accepté et le même Alain Juppé lui a confirmé la bonne nouvelle le lendemain. Sollicitée en 2007 par Bernard Kouchner, l’écologiste a en revanche refusé d’entrer dans un gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Bernard Debré, lui, assume avoir «été désigné de [son] plein gré». En 1994, Edouard Balladur lui demande de prendre le ministère de la Coopération. Il refuse d’abord par téléphone mais rencontre le Premier ministre le lendemain. Le député-chirurgien réitère son refus. «Balladur m’a dit: ‘Vous ne pouvez pas faire autrement, les chefs d’Etats africains ont fait une pétition pour que vous le soyez et François Mitterrand a dit qu’il ne prendrait que vous’», raconte-t-il. Bernard Debré accepte finalement mais à une condition: qu’il conserve le droit d’opérer bénévolement.

A l’époque où le portable n’existait pas

 «Un poste comme ça, ça ne se refuse pas», assure Renaud Muselier, lui-même appelé par Dominique de Villepin pour être son secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, au soir des législatives de 2002, à 22h30. Jean-Pierre Raffarin lui confirme sa nomination le lendemain par téléphone mais sa batterie est à sec! «Un moment compliqué.» Il a fallu attendre l’atterrissage et le prêt d’un téléphone d’un assistant parlementaire pour entendre la confirmation de son chef de gouvernement. 

Pas toujours simple de communiquer par téléphone. Surtout quand le portable n’existait pas. Paul Quilès, cinq fois ministre sous Mitterrand, se souvient comment il a été nommé ministre de la Défense en 1985. Alors ministre des Transports, il inaugure la station de métro Argentine à Paris. Il voit son officier de sécurité s’agiter et lui annoncer que Laurent Fabius tente de le joindre. «Je vais téléphoner dans la voiture, il n’y avait alors pas de portable. Laurent Fabius me dit d’appeler absolument d’un téléphone fixe, c’était comminatoire! On va dans un bistrot, et là je vais à la cabine téléphonique appeler Matignon», se remémore-t-il. C’est là, à côté des toilettes de l’établissement qu’il entend Laurent Fabius lui dire: «Le Président te demande d’être ministre de la Défense». Fait rare, la passation de pouvoir avec Charles Hernu a lieu le jour même. «Je n’ai même pas eu le temps de me changer, et on a remarqué que j’avais des chaussettes de couleurs différentes.» La petite histoire de la grande Histoire…

 

Maud Pierron et Anne-Laëtitia Beraud
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