Pour Hollande, Sarkozy n'a «peut-être plus d'autre choix» que de se droitiser

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Publié le 11 février 2012.

PRESIDENTIELLE - Le candidat du PS a réagi aux propositions de Nicolas Sarkozy sur les chömeurs...

François Hollande a affiché samedi, à Toulouse puis à Créteil, une image de sérénité en poursuivant sa campagne qui vise à «rassembler les Français», face à l'imminente entrée en lice de Nicolas Sarkozy qui joue «la division» et s'en prend «aux plus fragiles».

Hollande très applaudi

A Créteil, lors d'une visite sur le thème du sport, il a attaqué frontalement les propositions de Nicolas Sarkozy sur les chômeurs. «Il n'est jamais utile pour un président sortant qui est en échec de s'en prendre aux plus fragiles», a-t-il déclaré, considérant que «ce n'est pas ceux qui sont les victimes qui doivent aujourd'hui être les responsables». Samedi matin, à Toulouse, le député de Corrèze, invité du Forum Futurapolis organisé par Le Point, a planché sur «innovation et recherche». Il a affirmé sa «confiance en la recherche, dans le progrès, dans la science».

Mais à 71 jours du premier tour, la campagne est là, obsédante. Hollande demande quels autres candidats viennent s'exprimer. «François Bayrou», lui répond-on. «C'est tout?», réplique Hollande, suscitant les rires des quelque 900 spectateurs. «Quelquefois, il ne faut pas répéter, il ne faut pas renouveler... Il faut à un moment le changement», glisse-t-il également, très applaudi par la Halle aux grains, avec le pastiche de son slogan «le changement c'est maintenant».

Sarkozy assure «la mobilisation de son camp»

Pour lui, «ce qui compte dans une élection, c'est rassembler son camp, la gauche, mais aussi les Français», «même ceux qui ne votent pas pour moi». «Ma candidature, ce n'est pas une candidature de discorde, de désunion, de division», confie-t-il après son intervention. Sarkozy est candidat «depuis son élection en 2007» et «en campagne depuis ses voeux», selon Hollande. «Est-ce un président qui est allé à Fessenheim parler de “politicaille”, qui s'est adressé à des ouvriers pour parler du programme de ses concurrents? Il n'y a pas de doute pour les Français, pas de surprise par rapport à l'acte de candidature», dit-il à quelques journalistes, dont celle de l'AFP.

«Ce ne sont pas les autres qui me conduisent à accélérer ou à ralentir. C'est ce que je décide moi-même. Je suis dans une rencontre avec les Français», assure le candidat PS, qui ne veut «pas faire une campagne en comparaison», mais «d'abord installer (ses) propositions et (ses) idées». «La déclaration de candidature permettra une certaine clarification pour les temps d'expression, pour les moyens de l'Etat, les moyens partisans.»

Interrogé sur la droitisation de Sarkozy, Hollande juge qu'«il n'a peut-être plus le choix». Les sondages l'amènent «à d'abord assurer la mobilisation de son camp». Pour lui, Sarkozy «fait une hypothèse: Marine Le Pen n'aura pas les signatures. Et quand bien même les aurait-elle, il désire lui prendre une partie de ses électeurs. C'est sans doute son calcul.»

France-Irlande pour achever la journée

«Ce n'est pas la peur qui doit guider une candidature, c'est l'espoir.» Hollande vise le président qui, dans Le Figaro magazine, a préconisé des référendums sur les droits des chômeurs et des étrangers. Ces référendums «annoncés à la veille d'une présidentielle», il les juge «cocasses, étranges, curieux». Dans cet entretien, Sarkozy «n'a rien fait d'autre que de se situer par rapport à mes propositions. Je ne m'offusque pas qu'il vienne sur mon terrain», relève-t-il.

Pour Hollande, ce serait «un problème» si Marine Le Pen ne pouvait se présenter, faute de parrainages, car les «Français considéreraient que cette élection n'a pas pu être complètement le reflet de ce qu'est l'opinion». Mais là également, il ne changera pas de ligne «en fonction de sa présence ou pas». Dans la soirée, il devait assister au match de rugby France-Irlande au Stade de France, comme le chef de l'Etat. Mais son entourage jure qu'ils ne se rencontreront pas.

© 2012 AFP
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