Une campagne présidentielle à l'économie

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Publié le 11 janvier 2012.

POLITIQUE - Entre les emprunts et les dons, les candidats à l'Elysée préparent leurs budgets sans faire de folie...

«On peut faire une campagne à l’américaine ou à la lozérienne. Nous, ce sera à la lozérienne…» Porte-parole de Dominique de Villepin, le député de l’Hérault Jean-Pierre Grand ne fait pas mystère des difficultés à financer une campagne présidentielle. Crise oblige, le Sénat examine d’ailleurs, ce jeudi, un projet de loi qui prévoit de réduire l’aide financière de l’Etat destinée aux candidats à l’Elysée. S’ils obtiennent leurs 500 signatures, les postulants peuvent tous prétendre à un remboursement de 800.423 euros.

Le système D de Dupont-Aignan, l’emprunt de Nihous

Nathalie Arthaud (LO), Philippe Poutou (NPA) ou Frédéric Nihous (CPNT), les «petits» candidats, se sont donc tous alignés sur ce montant auquel ils auront droit au soir du premier tour. D’ici là, chacun se débrouille comme il peut. «J’ai souscrit un emprunt personnel de 200.000 euros», confie par exemple Frédéric Nihous. Après avoir recueilli 100.000 euros de dons, le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan utilise, lui, le système D pour réduire la facture. «En déplacement, il utilise les voitures des militants du parti, assure son conseiller Damien Lempereur. Il lui arrive même de dormir chez eux plutôt que d’aller à l’hôtel.» Quant à Christine Boutin, elle a choisi de louer un QG de campagne en banlieue parisienne plutôt que dans «les beaux quartiers parisiens». Mais avant de convaincre les électeurs, tous doivent d’abord séduire leur banquier. «Il sait bien qu’on n’a pas d’argent, explique ainsi Catherine Della, mandataire financière de Philippe Poutou (NPA). Tant qu’on n’a pas les 500 signatures, il ne veut rien nous prêter.»

Au MoDem, on embauche

Les candidats qui dépasseront les 5 % au premier tour peuvent, eux, se faire rembourser jusqu’à huit millions d’euros. François Bayrou veut en être. «Notre budget prévisionnel est donc de 7,5 millions environ», annonce Jean-Jacques Jégou, le trésorier du MoDem. Le parti envisage d’embaucher deux personnes pour ouvrir les enveloppes de dons qui arrivent par la poste tous les matins et déposer les chèques à la banque. Mais ça ne suffira pas. «Notre budget repose sur l’emprunt, poursuit le trésorier. Pour l’obtenir, François Bayrou a hypothéqué le siège du parti estimé à 10 millions. Il a même dû effectuer un bilan médical. Ce qui l’a bien agacé.» Mais l’ambition politique n’a pas de prix.

Les budgets des candidats

Marine Le Pen (FN): Entre 8 et 10 millions d’euros
Nicolas Dupont-Aignan (DLR): 800.000 euros
Nicolas Sarkozy (UMP): candidat non déclaré
Dominique de Villepin (RS): budget non communiqué
François Bayrou (MoDem): 7,5 millions d’euros
Hervé Morin (NC): 3 millions d’euros
Corinne Lepage (Cap 21): 1 million d’euros
François Hollande (PS): Entre 21 et 22 millions d’euros
Eva Joly (EELV): 2,5 millions d’euros
Christine Boutin (PCD): 3 millions d’euros
Nathalie Arthaud (LO): 800.000 euros
Jean-Luc Mélenchon (FG): 4 millions d’euros
Philippe Poutou (NPA): 800.000 euros
Jean-Pierre Chevènement (MRC): 800.000 euros
Frédéric Nihous (CPNT): 800.000 euros

Vincent Vantighem

Les règles officielles de financement

 «La présidentielle est une élection très particulière», assure la porte-parole de la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP). Et pour cause, chaque candidat qui dispose des 500 signatures peut percevoir une aide de l’Etat. Elle s’élève au maximum à 800.423 euros. Avant le premier tour, chaque candidat a le droit à une avance de 150.000 euros. Il reçoit le reste après le scrutin.

Pour chaque élection, la CNCCFP fixe un plafond. Les postulants à l’Elysée ne peuvent dépasser 16,851 millions d’euros. Les deux qualifiés pour le second tour peuvent aller jusqu’à 22,509 millions d’euros de dépenses. Ces chiffres ont de l’importance. Car chaque candidat qui dépasse le seuil fatidique de 5% peut prétendre à se faire rembourser la moitié du plafond. En clair, cela représente entre 8 et 10 millions d’euros. «C’est la fourchette qu’on s’est logiquement fixée», indique par exemple Jean-Michel Dubois, responsable du financement au FN, persuadé que sa candidate se qualifiera pour le second tour. Elle ne sera de toute façon remboursée qu’après l’élection, une fois ses comptes validés par la commission.

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