Présidentielle 2012 : «Aujourd'hui, il n'y a pas de séparation entre la mosquée et l'Etat» selon Marine Le Pen

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Publié le 21 octobre 2011.

POLITIQUE - Marine Le Pen, présidente du Front national, exposait ses idées lors d'une table ronde à Milan...

De notre envoyée spéciale en Italie,

Deux femmes politiques discutaient ce vendredi soir à Milan devant une petite centaine de personnes. Ces deux femmes étaient Marine Le Pen, présidente du Front national, et Daniela Santanchè, sous-secrétaire d’Etat du gouvernement de Silvio Berlusconi, membre du «Mouvement pour l’Italie». Cette table-ronde, organisée par la «Fondation racines européennes», constituent un temps fort pour la candidate à l’Elysée dans sa recherche de crédibilité à l’international.

Au menu de ses échanges, le printemps arabe, la position de Marine Le Pen par rapport au parti qu’a créé son père, ou encore «les valeurs» des deux mouvements, l’immigration ou encore l'Union européenne.

Le risque «des fondamentalistes islamistes»

Si un débat sur un possible rapprochement des deux mouvements n’a pas été évoqué, les deux femmes politiques ont plutôt exposé les fondamentaux de leurs partis respectifs. Sur le printemps arabe, Marine Le Pen s’interroge : «Ne risque-t-on pas de voir ces pays aux portes de l’Europe, en Tunisie, en Egypte et en Libye, tomber entre les mains de dictatures de fondamentalistes islamistes ?».

Pour appuyer sa démonstration, Marine Le Pen cite notamment la tentative d’incendie d’une télévision de la part d’extrémistes tunisiens à la suite du passage du dessin animé «Persépolis» à la télévision. La crainte d’un «fondamentalisme islamiste» est relayée par Daniela Santanchè, qui s’est notamment illustrée en 2009 en tentant d’arracher le voile à des musulmanes ou qualifiant Mahomet de «pédophile».

Sur l’absence d’intervention internationale en Syrie, Marine Le Pen s’interroge de nouveau : «Peut-être y a-t-il moins de pétrole qu’en Libye?», avant de «féliciter la sagesse de la Russie et de la Chine qui ont opposé un veto à une intervention, à des sanctions en Syrie, car je pense qu’il y a là un effet domino des pays qui risqueraient de tomber les uns après les autres». La Russie, un pays que Marine Le Pen juge régulièrement de manière positive, et où elle doit effectuer prochainement un déplacement officiel.

Contre «l’Europe de la ruine»

A la question d’être l’héritière du Front national, Marine Le Pen s’enflamme, déclarant: «Ce n’est pas par cynisme ou par carriérisme que je me suis lancée dans cette campagne présidentielle, dans cette direction du Front national, mais parce que je crois que c’est le seul mouvement capable d’arracher la France à 30 ans de décadence, d’appauvrissement, de perte de nos valeurs», précise-t-elle. Evoquant les différences d’âge, de personnalités et de parcours, Marine Le Pen affirme: «Je crois que la politique ça s’incarne. On fait d’un mouvement ce que l’on est aussi un peu soi-même».

Se plaçant dans le camp des «nationaux», contre celui «des mondialistes, à savoir la droite et la gauche françaises», Marine Le Pen a ensuite évoqué l’immigration, critiquant l’Union européenne « incapable d’enrayer l’immigration clandestine», une immigration «qui sert à la baisse des salaires». Lançant un appel à «l’arrêt à l’immigration», Marine Le Pen est appuyée par Daniela Santachè, qui promeut «une immigration compatible, comme par exemple les Philippins qui ont la même religion que nous».

Un «Etat faible et laxiste»

Evoquant les bénéfices de la loi de séparation entre l’Eglise et l’Etat de 1905, Marine Le Pen : «Aujourd’hui, il n’y a pas de séparation entre la mosquée et l’Etat. L’Etat finance les mosquées, il se soumet à des revendications religieuses d’interdits alimentaires dans des écoles publiques et laïques de la République, car il accepte qu’il y ait des prières de rue. Et parce que l’Etat est faible et laxiste, ces revendications communautaristes ne cessent d’augmenter».

Alors que la table-ronde se termine dans un silence quasi-religieux, Marine Le Pen souhaite parler d’un point cher à son programme présidentiel: La critique de l’Union européenne, «qui a apporté la ruine». S’insurgeant contre une «Europe du malheur, de la pauvreté, de l’absence de liberté et de démocratie», la candidate conclut son intervention, souhaitant une Europe qui apporte « un avenir de prospérité, de sécurité et d’identité».

A Milan, Anne-Laëtitia Béraud
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