Primaires du PS: L'intervention des candidats passée au crible

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Publié le 6 octobre 2011.

POLITIQUE - On a revu le dernier débat et la prestation des socialistes et du patron du PRG...

Ce troisième débat est loin d'être décisif, comme l'a proclamé toute la journée de mercredi BFM TV. Il y a bien eu des échanges, parfois vifs, notamment sur l'école ou la retraite, mais au final, tous les candidats sont restés dans leurs rôles. Au final, les lignes ont peu bougé. Pas certain que les indécis aient trouvé dans ce débat matière à trancher définitivement. 20Minutes fait le point, candidat par candidat.

>> Revivez le troisième et dernier débat en direct par ici

Martine Aubry

La prestation. Comme lors des deux précédents débats, la maire de Lille a été sérieuse et carrée, tentant de piéger son principal rival, François Hollande. Elle a toutefois conservé sa posture de rassembleuse. «J'ai passé trois ans à rassembler le PS, il n'y aura pas une phrase de ma part qui pourra le gêner», a-t-elle dit, alors que Laurent Joffrin tentait de lui faire dire que François Hollande était mou. En effet, la maire de Lille venait de lâcher: «On ne peut pas battre une droite dure si on est une gauche molle», en référence à la supposée mollesse de Hollande. Pas d'attaque frontale, certes, mais les allusions, ça...

La phrase. Il y en a eu plusieurs en fait, lors d'un échange acide avec son rival François Hollande sur l'éducation. Elle a tenté de le piéger sur sa proposition de créer 60.000 postes de professeurs en posant la question du financement. «500.000 euros, le coût du bouclier fiscal», a répondu le Corrézien. Martine Aubry a donc noté qu'après avoir refusé d'augmenter le budget, Hollande l'augmentait désormais de 2,5 milliards d'euros sur cinq ans. Le coût du redoublement, répond Hollande. «Ce n'est pas si simple», répond-elle. «C'est arithmétique», reprend-il. «Ce n'est pas si simple», répète-t-elle, expliquant que certains élèves avaient besoin de redoubler. Elle aurait pu pousser son avantage plus loin, mais ne l'a pas fait. «Moi je veux dire qu'on ne pourra pas reprendre les recettes de la gauche d'avant, à savoir uniquement des embauches», a-t-elle toutefois taclé.

Le flop. «Moi aussi j'ai travaillé en entreprise, je rappelle que j'ai été n°3 d'une grande entreprise», coupe-t-elle quand Jean-Michel Baylet note, certes pour la troisième fois en trois débat, qu'il est le seul patron de l'assemblée. On imagine bien que le boulot n'est pas tout à fait le même.

Jean-Michel Baylet

La prestation. Baylet, «la faconde du Sud-Ouest», comme l'a appelé Olivier Mazerolle, s'est encore une fois fait discret. Tellement muet qu'il était toujours très en avance sur son temps de parole. On avait parfois l'impression qu'il est là en touriste.

La phrase. «Rassurez-vous, nous avons plaisir à être ensemble. Et nous avons un objectif commun, c'est l'alternance», répond-il alors qu'on le titille sur ses divergences de radicaux avec tous ces socialistes.

Le flop. Au moment de parler des banlieues, Jean-Michel Baylet refuse. Pour lui, il faut parler du monde rural. «Je veux parler de ruralité. Nous n'avons pas parlé d'agriculture. Or, les agriculteurs sont en difficulté», a-t-il lancé.

François Hollande

La prestation. C'est presque lassant pour ceux qui regardent les débats depuis le début: le Corrézien s'est de noveau caché, il a évité de trop se dévoiler et a tout fait pour ne pas se mêler à la bataille. Normal, il est le favori et a plutôt tout à perdre qu'à gagner dans ces débats où il est la cible des autres candidats.

La phrase. «Il faut dire la vérité: quand la durée de vie s'allonge, il faudra allonger la durée de cotisation», a lâché François Hollande, par rapport à la réforme des retraites. Il propose bien un retour à la retraite à 60 ans en 2012 mais pour 2013, il promet «une réforme générale des retraites».

Le flop. On triche un peu, car ce n'était pas lors du débat, mais juste après. Interrogé par BFM TV sur sa posture attentiste, le Corrézien confirme et explique: «Je n'avais pas à gagner des voix. Tout ce que je dis dans le débat pourra être retenu contre moi. Je remercie mes camarades de n'avoir pas fait dégénérer.» Même s'il est largement en tête dans les sondages –dont la fiabilité est contestée– ce débrief est quelque peu suffisant puisque le candidat Hollande se projette déjà dans la campagne présidentielle.

Arnaud Montebourg

La prestation. Le candidat de la démondialisation n'en a pas trop parlé cette fois. Ecole, santé, éducation, il a enfin pu être entendu sur d'autres thèmes. Solennel, notamment dans sa conclusion -«dans la tempête qui s'annonce, je vous propose de tenir le cap»-, déterminé quand il coupe la parole aux journalistes pour remettre les pendules à l'heure, mais aussi original, avec ses phrase «J'approuve ce message» ou «Je n'approuve pas ce message», qui ponctuent les interventions de ses concurrents.

La phrase. «Mon programme ne consiste pas à distribuer des chèques-vacances à tout le monde. C'est un programme difficile avec des obstacles à franchir.» Une manière de remettre les pendules à l'heure sur ses propostions, jugées trop à gauche par certains de ses concurrents.

Le flop. «Les tribunaux sont plus à gauche que Manuel Valls», a-t-il lancé, en commentant une décision de justice favorable à des salariés de Goodyear, alors que le député-maire d'Evry s'était encore prononcé contre les interdictions des licenciements boursiers. Un bon mot certes, mais dans la droite ligne de ceux qu'il a faits, sur le même sujet, à chaque débat. Si on comprend bien qu'ils sont opposés politiquement, au final, cela donne l'impression que Montebourg fait de Valls sa tête de turc.

Ségolène Royal

La prestation. Elle a été plutôt à son aise. En fait, elle s'est améliorée à chaque débat. Moins agressive que la semaine dernière, elle a pu poser ses thèmes, notamment sur l'éducation et la banlieue. Elle a d'ailleurs cherché à rentrer dans le rang, ne s'opposant surtout pas à Martine Aubry, ni à François Hollande. Pour lisser son image clivante?

La phrase. Quand, cherchant le sang, Laurent Joffrin rappelle la critique de Ségolène Royal sur François Hollande -«C'est un notable»-, prononcée dans le documentaire diffusé mardi soir sur Canal+. Le journaliste s'adresse au Corrézien, pour avoir sa réponse. Mais la présidente de la région Poitou-Charentes intervient aussitôt.« Nous sommes tous des notables, nous sommes tous des élus. Vous n’arriverez pas à nous piéger», désamorce-t-elle immédiatement, en riant. Hollande rit aussi: «Vous voyez, j'ai reçu un compliment en direct de Ségolène Royal.» Sauf que Royal glisse, deux fois, entre les rires de tout le monde: «Mais nous ne sommes pas tous des cumulards.»

Le flop. A la question «Pourquoi voter pour vous?», elle répond: «Je souhaite prolonger la belle histoire de la précédente présidentielle.» Une phrase qui faisait écho aux «autres victoires» promises le 6 mai au soir. Sauf que pour beaucoup de socialistes ou de Français de gauche, 2007 n'est pas forcément une «belle histoire».

Manuel Valls

La prestation. Comme Arnaud Montebourg, il s'est révélé lors de ces débats. Il a souligné d'ailleurs, à la fin de l'émission, que beaucoup de Français «l'avaient découvert lors de ces primaires qui sont une réussite». Mais finalement, il a été moins percutant, sur le plan des idées, que lors des précédents débats, se contentant de marteler son «langage de vérité» nécessaire. Au final, c'est tout ce que les Français retiendront de lui. «Un candidat qui dit la vérité, c'est un président qui ne déçoit pas», c'est son mantra.

La phrase. Qui tourne toujours autour du thème de la vérité, bien sûr. «Il faut dire la vérité. Et quand on dit qu'on va démondialiser, qu'on va mettre sous tutelle les banques ou interdire les licenciement boursiers, eh bien ça ne marchera pas.» Il répondait à Ségolène Royal et Manuel Valls. Habilement, il n'a pas redit qu'il s'agissait de mesures «démagogiques», comme Laurent Joffrin l'y enjoignait... et ainsi évité que le débat ne dégénère.

Le flop. OK, les retraites, c'est compliqué mais difficile de comprendre la position exacte de Manuel Valls après ce débat. «Il faut dire sans ambiguité que nous ne reviendrons pas à la retraite à 60 ans. Nous acceptons la durée de cotisation de 41,5 années de cotisation. Mais il faut aller vers un système à la carte qui permettra à ceux qui ont des travaux pénibles de partir plus tôt.»

M.P.
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