François Hollande lors des commémorations des crimes de l'esclavage, le 10 mai 2017, à Paris.
François Hollande lors des commémorations des crimes de l'esclavage, le 10 mai 2017, à Paris. - Eric FEFERBERG / AFP

Président « normal » qui se voulait proche du peuple, il atteint des sommets d’impopularité avec à peine un Français sur 5 qui est satisfait de son action. Chantre du compromis et de la synthèse, il se découvre en chef de guerre. Réputé pudique, avare de confidences, il s’épanche. Au terme de son mandat, François Hollande restera comme une énigme, un président paradoxal, incompris, indéchiffrable. Alors que le mandat du septième président de la République se termine ce dimanche, nous avons demandé aux internautes de 20 Minutes ce qu’ils retiennent de ce quinquennat.

« Une France tirée vers le bas »

Sans surprise, ils sont nombreux à porter un jugement très sévère sur l’action du Président sortant à l’image de Hugo qui sur la page Facebook #MoiJeune* fustige « le plus mauvais président de la Ve République » avec « une France tirée vers le bas, un gouvernement incompétent… Je ne retiens absolument rien de positif si ce n’est le mariage gay ».

Comme Hugo, de très nombreux Internautes mettent au crédit de François Hollande la loi du 17 mai 2013 « ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe ». C’est « l’une des plus grandes avancées sociales de notre pays » renchérit Rosalie qui nous a contactés via l’adresse contribution@20minutes.fr. Un constat tempéré par Sébastien estimant que cette mesure a divisé les Français, malgré les appels de François Hollande au rassemblement lors de sa campagne électorale.

Rosalie retient également les accords de Paris sur le climat qui ont montré « que la France et l’Europe ont un immense rôle à jouer dans la diplomatie écologique ». A cela s’ajoute « la dignité et les mots face aux attentats » :  « Au lendemain du 13 novembre, il s’est exprimé et a réussi à mettre des mots sur ce que tous les Français ressentaient. Il a montré énormément de compassion et d’empathie à ces moments-là et a été présidentiel ». Un sentiment partagé par Florence saluant « la très grande humanité à l’égard de toutes les victimes ».

« Mon ennemi c’est la finance », vraiment ?

Sur le plan économique et social, plusieurs internautes retiennent en premier le grand tournant libéral de sa politique, après avoir déclaré lors de sa campagne « mon ennemi c’est la finance ». Zordfr dénonce « une trahison ». « Je dirais traîtrise :  Loi Macron, Loi El-Khomri, 49-3 », fustige Bernard. Sébastien de son côté enrage de voir que les baisses de charges du CICE ont été « incapables de relancer l’économie ». «  Plus de 40 milliards par an qui sont partis aux entreprises sans contrepartie et avec un effet des moins notable. Cet argent aurait pu servir à autre chose. », dénonce notre lecteur.

Un avis qui tranche avec celui de Florence qui retient « le courage de réformer le pays et de le faire dans l’intérêt général contre son camp (diminution des déficits, des dépenses publiques, politique pro business, CICE, loi Macron, loi Travail…) ». Et avec en parallèle de « nouveaux droits pour les Français : retraite à 60 ans pour les carrières longues, garantie jeune, compte personnel d’activité… ».

« Enorme déficit de communication »

« Il a aussi sans doute sous estimé l’état de la France à son début de mandat ce qui l’a entraîné à abandonner une partie de son programme pour s’ajuster à la réalité socio-économique », résume Nemox. Et de poursuivre : « Quand on demande le bilan d’un quinquennat, c’est y mettre le positif et le négatif et pas seulement du bashing systématique… Et coté négatif, il y a d’abord un énorme déficit de communication ».

Cette dernière critique est revenue dans de nombreux commentaires. Rosalie parle même de « communication déplorable » et « un cruel manque de pédagogie ». A cela s’ajoute, le «Gayet Gate ». Un épisode qui n’a pas choqué Florence, au contraire : « même sa vie privée qui a été étalée malgré lui, pour ma part l’épisode du scooter me l’a rendu encore plus sympathique, je l’ai trouvé très rock and roll, ça m’a plu ! »

Malgré tout, Maureen « garde une bonne image de ce président qui pour [elle] n’est pas apprécié à sa juste valeur. Il est arrivé à l’une des périodes les plus dures que l’on vit que ce soit économiquement mais aussi socialement et leterrorisme a juste rendu ce mandat plus qu’impossible à gérer. Je ne pense pas que la France soit dans un moins bon état qu’il y a 5 ans je pense qu’il l’a soutenu à bout de bras parce qu’elle allait déjà mal ! Et je pense aussi que ce qui lui a manqué c’est le charisme et l’autorité pour imposer le respect qu’il mérite. »

Au final, pour plusieurs internautes, il faut laisser du temps au temps pour juger du quinquennat de François Hollande. « L’avenir dira s’il a été ou pas un bon Président », estime Setis4.

 

*Si vous avez entre 18 et 30 ans, vous pouvez participer au projet « #MOIJEUNE », une série d’enquêtes lancée par 20 Minutes et construite avec et pour les jeunes. Toutes les infos pour vous inscrire en ligne ici.

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