Présidentielle: Macron peut-il obtenir une majorité absolue sans modifier son projet?

POLITIQUE Le président élu espère avoir une majorité absolue aux législatives de juin prochain…

T.L.G.

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Haut les mains Emmanuel Macron. Credit:DAVID NIVIERE/SIPA

Haut les mains Emmanuel Macron. Credit:DAVID NIVIERE/SIPA — SIPA

Il est le président élu mais avec quelle majorité ? Emmanuel Macron a remporté la présidentielle dimanche avec 66,1 % des voix. Mais le prochain chef de l’Etat n’est pas encore certain de pouvoir appliquer le programme qu’il a porté pendant la campagne. Car voici venir les législatives, plus incertaines que jamais.

« Notre tâche est immense et elle imposera de construire dès demain une majorité vraie, une majorité forte, cette majorité de changement, c’est ce à quoi le pays aspire et c’est ce qu’il mérite », a lancé Emmanuel Macron dimanche soir devant les milliers de personnes rassemblées dans la cour du Louvre.

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Son mouvement, rebaptisé La République En Marche, espère obtenir la majorité absolue des sièges, soit 289 sur 577, les 11 et 18 juin prochains. Devra-t-il pour ça retoucher son projet ?

« On dissipera les doutes en obtenant la majorité absolue »

Les électeurs donnent traditionnellement une majorité au président élu. Ce processus s’est renforcé depuis 2002, avec l’alignement du calendrier législatif sur le scrutin présidentiel. Mais la majorité absolue à l’Assemblée paraît aujourd’hui difficile pour le mouvement En Marche!

« Emmanuel Macron ne bénéficie pas d’un vote d’adhésion », assure à 20 Minutes l’historien Jean Garrigues. « Nous ne sommes plus dans une logique aussi claire que d’habitude, l’hypothèse d’une majorité de droite n’étant d’ailleurs pas à écarter, car son socle idéologique reste fort ».

Aurore Bergé, membre du comité politique du mouvement, s’amuse des doutes émis : « On nous a d’abord dit qu’il était seul, puis qu’il n’avait pas de programme, et maintenant qu’il n’aura pas de majorité. On a déjà fait démentir les deux premiers doutes, on démontera le troisième en obtenant la majorité».

« On garde la cohérence de notre projet »

La tâche s’annonce pourtant délicate. La droite espère toujours emporter les législatives et obliger le nouveau chef de l’Etat à une cohabitation. Les Républicains ont de leur côté prévu d’adoucir le projet de François Fillon, en oubliant la hausse de la TVA et en proposant la défiscalisation des heures supp' notamment.

Faut-il s’attendre à voir évoluer le programme d’Emmanuel Macron ? « On garde la cohérence de notre projet, celui qui nous a permis d’arriver en tête au premier tour », répond l’ancienne juppéiste Aurore Berger. « La droite nous accusait d’être flous, mais c’est elle, qui, à un mois des législatives, décide de changer son programme. Pareil pour le PS qui nous dit maintenant que le projet de Benoît Hamon doit évoluer ».

Reste que le prochain locataire de l'Elysée l’a reconnu lui-même : ses 66,1 % ne représentent pas intégralement un vote d’adhésion. « Nous sommes conscients que des gens ont voté contre l’extrême droite. Emmanuel Macron sait qu’il ne dispose pas de blanc-seing », reconnaît l’élue LR des Yvelines, qui reste malgré tout inflexible : « L’enjeu est de convaincre du bien-fondé de notre projet et je crois à la cohérence des Français. Que nous diraient-ils si nous modifions déjà notre programme ? »

L’ensemble des candidats investis par le mouvement sera connu avant jeudi midi. Y aura-t-il des poids lourds de droite et de gauche ? « Il n’y a pas d’accord d’appareil, [sauf avec le Modem de Bayrou], mais ceux et celles qui veulent nous rejoindre sont les bienvenus». Une chose est sûre: c'est le Premier ministre qui mènera la bataille. Son nom sera connu en début de semaine prochaine.