Marine Le Pen et Emmanuel Macron dimanche soir sur France 2 (montage).
Marine Le Pen et Emmanuel Macron dimanche soir sur France 2 (montage). - France 2
  • Marine Le Pen et Emmanuel Macron, en lice pour le deuxième tour, s’affronteront mercredi lors d’un « vrai » débat
  • Marine Le Pen s’est dite « du peuple » et a critiqué « le candidat soutenu par l’élite »
  • Emmanuel Macron, fustigeant « l’héritière » « qui se moque du peuple », a dit vouloir répondre aux attentes de la France avec des « solutions réelles et concrètes »

Un avant-goût du débat de l’entre-deux tours de la présidentielle. A trois jours de la joute télévisée de mercredi où ils pourront se répondre face à face, Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont déjà affrontés dimanche soir lors d’interviews diffusées successivement sur France 2. On compte les points.

  • Marine le Pen se sent « du peuple »

Elle veut « défendre le peuple » et n’est « pas une héritière ». Dans l’entretien enregistré à son QG de campagne et diffusé avant l’interview d’Emmanuel Macron - suivant un ordre tiré au sort devant huissier -, la candidate du Front national a pu dérouler sa rhétorique.


"Je me sens du peuple" : regardez l’intégralité de l’interview de Marine Le Pen sur France 2

1. Son adversaire ? « Soutenu par l’élite »

Se présentant comme la candidate antisystème, Marine Le Pen a évoqué, comme on lui demandait ce que représentait « l’élite » à ses yeux, « toute la liste des soutiens de mon adversaire, vous allez avoir là les élites, que l’on peut appeler le système, l’oligarchie : la CGT, le Medef, les grands patrons de presse, l’UOIF », toute une série de personnes qui ont considéré depuis des années que le peuple avait tort ».

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2. Le programme de Macron ? « Une espèce de salle de marché soumise aux revendications d’islamistes »

« Le peuple a toujours raison. Personne n’a raison contre lui, ni [le président de la Commission européenne Jean-Claude] Juncker, ni [la chancelière allemande Angela] Merkel, ni les artistes, ni le Medef, ni les syndicats, ni l’UOIF, ni les Eglises », a lancé la candidate.

« La France demain, est-ce que ce sera une espèce de salle de marché, ouverte à tous les vents violents et mauvais de la mondialisation, fragmentée entre communautés, et soumise aux revendications d’islamistes qui souhaitent tuer les valeurs de notre pays », a-t-elle demandé.

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3. Sur elle-même : « Je n’ai hérité de rien »

Au journaliste Laurent Delahousse qui observait qu’elle avait fait des études, était députée européenne et était dans l’héritage du parcours politique de Jean-Marie Le Pen, elle a répliqué : « Je n’ai hérité de rien. Je me suis présentée à la tête du mouvement politique et j’ai été élue ». Et avec le cofondateur du FN, « la rupture politique est définitive », a-t-elle plaidé.

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  • Emmanuel Macron, venu à la vie politique « pour la changer, vite et fort »

Dans son interview, également enregistrée dans son QG de campagne et diffusée à la suite de celle de la candidate FN, Emmanuel Macron a pris soin de présenter Marine Le Pen comme « une convertie récente » à la cause « du peuple », dont elle « se moque au fond ».


VIDEO. "Marine Le Pen manipule la colère" des Français : regardez l’interview d’Emmanuel Macron sur France 2

1. Son adversaire ? « Le peuple, elle s’en moque au fond »

« Marine Le Pen est une convertie récente du peuple. Soyons honnêtes. Le peuple, elle l’utilise, ce qui est le propre des extrêmes, ce qui est le propre des vrais démagogues. Le peuple, elle s’en moque au fond », a martelé le candidat d’En Marche !. «Marine Le Pen est une héritière du système politique français. Elle a hérité de son parti, elle a hérité de son père et de ses idées », a poursuivi Emmanuel Macron.

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2. Le programme de Le Pen ? « Les classes moyennes et les classes populaires s’appauvriront »

« Le jour où l’on sortira de l’euro, qui s’appauvrira ? », s’est-il interrogé, au sujet du programme de son adversaire. « Pas Marine Le Pen mais les classes moyennes et les classes populaires. Ceux qui ont un peu d’épargne verront celle-ci baisser d’environ 30 %. Ceux qui consomment verront le prix des biens augmenter car on en importe beaucoup », a assuré l’ancien ministre de l’Economie.

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3. Sur lui-même : « Moi, je suis une émergence »

« Moi je suis une émergence, d’une nouveauté profonde, radicale. Il y a un an, mon parti n’existait pas. Et il y a un peu plus de trois ans je n’étais pas dans la vie politique. C’est une différence profonde. J’ai décidé de venir à la vie politique pour la changer, vite et fort », a souligné l’ex-ministre de l’Economie et ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée.

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Répétant que la candidate du Front national « se nourrit de manière démagogique » de la colère des Français, Emmanuel Macron a dit vouloir « répondre de manière pragmatique, efficace, à ces attentes en apportant des réponses nouvelles, volontaristes et des solutions réelles et concrètes ». « Je ne suis pas dans l’arrogance, je ne suis pas un présomptueux. Je pense qu’aucun combat n’est jamais gagné », a-t-il assuré, en se disant « déterminé ».

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