Présidentielle: Quel avenir pour Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise?

POLITIQUE Le candidat de gauche a obtenu plus de 19% des voix au premier tour...

T.L.G.

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Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, lors de son discours le  23 avril 2017.

Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, lors de son discours le 23 avril 2017. — Bertrand GUAY / AFP

  • Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas exprimé depuis dimanche soir
  • Pourrait-il dire stop à la politique ?

Il a presque réussi son pari. Porté par une bonne dynamique de campagne, Jean-Luc Mélenchon a échoué à se qualifier pour le second tour, obtenant 19,58 % des voix. Mais en devançant largement le candidat du PS, le député européen place en bonne position son mouvement dans la recomposition de l’espace politique à gauche. Quel avenir pour Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise ? 20 Minutes fait le point.

1. Le dernier combat de Jean-Luc Mélenchon ?

Depuis son discours dimanche soir, Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas exprimé. Seule certitude : il n’indiquera pas son choix pour le second tour. Un petit coup de déprime ? « C’est une fausse petite musique… Il va très bien, il est en pleine forme, rassurez-vous. C’est plus lui qui m’a réconforté dimanche que l’inverse, d’accord ? », s’est agacé son porte-parole Alexis Corbière en fin de matinée lors d’une conférence de presse. « Il est encore sur le cheval, il a encore un appétit de combat politique totalement maintenu. C’est un faux sujet ».

Un appétit politique, mais pour quoi faire ? En 2012, dans la foulée de la présidentielle, le candidat avait défié Marine Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais. Mais il avait échoué à se faire élire député. Tentera-t-il de rejoindre à nouveau l’Assemblée nationale ? Selon Libération, des rumeurs l’enverraient en Seine-Saint-Denis, où le candidat a réalisé un carton. « On n’a pas discuté de tout ça pour le moment. Mais je continue à considérer qu’il va jouer un rôle majeur pour la suite », répond Eric Coquerel, coordinateur du Parti de gauche.

A 65 ans, le tribun de la gauche pourrait-il dire stop à la politique ? Le 20 avril sur RMC, Jean-Luc Mélenchon donnait une piste de réflexion : « Mon dernier combat ? Sûrement pas. Je combattrai jusqu’à mon dernier souffle. Ma dernière élection ? Je ne sais pas vous dire. »

2. La France insoumise et l’épineuse question des législatives

Jean-Luc Mélenchon a rassemblé plus de 450.000 personnes dans la France Insoumise, et plus de sept millions d’électeurs le 23 avril. « Un vieux monde est mort. La seule force politique humaniste, écologiste, qui a émergé, c’est nous », s’est félicité Alexis Corbière.

« Le résultat du premier tour est impensable sans la personnalité de Jean-Luc Mélenchon », avance l’historien Roger Martelli, ancien adhérent du PCF. « Mais une personnalité ne suffit pas à créer un mouvement. Et les législatives seront un événement décisif ».

C’est là où le bât le blesse : les responsables de la France insoumise ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente avec le Parti communiste, qui a soutenu (tardivement) le candidat. Le secrétaire national du PCF Pierre Laurent a lancé mardi un « appel » à Jean-Luc Mélenchon pour « des candidatures de rassemblement » dans le plus de circonscriptions possible. En vain.

« Il existe deux possibilités : la première est que le PCF s’engage dans notre démarche, en respectant les règles, le programme, et la charte. Ce serait à la hauteur de l’enjeu, de notre dynamique. S’ils ne veulent pas, il faut envisager des retraits réciproques, limités, dans certaines circonscriptions. Mais nous n’avons pas eu de nouvelles de la part du PCF… », réplique Eric Coquerel.

« Il y a depuis le départ un désaccord de méthode sur les législatives », note Roger Martelli. « Jean-Luc Mélenchon a eu tendance à considérer que les communistes se taillaient la part du lion dans les élections intermédiaires. Il veut aussi imposer aux candidats France Insoumise l’acceptation de la charte [contraignant la liberté de vote des députés]. Cela pose problème à ceux qui ne sont pas dans le mouvement, comme le PCF qui craint de disparaître ».