VIDEO. Présidentielle: Au Canada, la galère des électeurs français de l'étranger pour arriver jusqu’à l’urne

PRESIDENTIELLE A Montréal, la file d'attendre pour déposer son bulletin a approché les trois heures...

M.C.

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La file des électeurs français pour le premier tour de la présidentielle, à Montréal, le 22 avril 2017.

La file des électeurs français pour le premier tour de la présidentielle, à Montréal, le 22 avril 2017. — Graham Hughes/AP/SIPA

Un scrutin décidément… incertain. Pour les électeurs français de plusieurs villes canadiennes, confrontés à d’interminables files d’attente devant un unique point de vote, l’indécision jusqu’à la dernière minute quant au candidat qu’ils allaient choisir pour la présidentielle a été repoussée au second plan par un doute plus pressant : allaient-ils pouvoir voter ?

A Montréal, comme dans tout le pays et le reste de l’Amérique, les Français expatriés votaient samedi, décalage horaire oblige. Et en nombre : près de 58.000 personnes étaient inscrites dans la plus grande ville du Québec, contre 44.000 en 2012. Pour l’ensemble du Canada, le nombre d’inscrits est passé de 65.000 à plus de 82.000 sur la même période.

Un lieu de vote unique à Montréal

Résultat : une file monstre devant le lycée français Stanislas, unique lieu de scrutin de Montréal, où étaient concentrés les 24 bureaux de vote de la ville. A 8h30 samedi (14h30, heure française), le temps d’attente était déjà d’au moins deux heures, rapporte Radio-Canada. Les files étaient aussi importantes dans la province voisine de l’Ontario : devant le consulat général de France à Toronto, le temps d’attente a dépassé les trois heures, selon le média public canadien.

Un engouement inhabituel qui s’explique par la configuration inédite de ce premier tour, avec quatre candidats dans un mouchoir de poche, mais aussi une certaine inquiétude face à la montée de l’extrémisme : « Il y a des enjeux plus importants parce qu’il y a des tendances qui se dégagent cette année. Je tenais vraiment à voter. C’est important de voter, mais ça l’est encore plus cette année », raconte une jeune femme interviewée dans la file par TVA Nouvelles.

Armés de courage, les électeurs ont donc attendu, en révisant la géographie du quartier :

Angoisse et grogne

En fin de journée, alors que la fermeture du bureau de vote, prévue à 20h, approchait, l’angoisse a commencé à courir le long de la file d’attente : ceux qui ne parviendraient pas à l’urne avant l’heure limite pourraient-ils tout de même glisser leur bulletin ? Soulagement vers 20h15, quand on annonce que tous ceux qui sont arrivés avant 20h pourraient voter. « Mais il reste encore deux heures de queue à écouler », explique alors à La Presse François Lubrina, conseiller à l’assemblée des Français de l’étranger pour le Canada. Au final, il était près de 23h (5h du matin dimanche, heure française) quand les derniers électeurs ont pu accomplir leur devoir.

Sur les réseaux sociaux, c'est naturellement une grogne de niveau présidentiel qui a retenti toute la journée, entre ceux qui se plaignaient de devoir attendre des heures avec de jeunes enfants, ceux qui s’inquiétaient de ne pas pouvoir atteindre l’isoloir avant l’heure fatidique de la fermeture du bureau, et ceux qui critiquaient l’organisation :