VIDEO. Présidentielle: Une fin de campagne bouleversée par l'attentat des Champs-Elysées

PRESIDENTIELLE Deux jours avant le premier tour de la présidentielle, la fusillade qui a coûté la vie à un policier, bouscule le programme des candidats…

N. Se. avec AFP

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Les 11 candidats à l'élection présidentielle sur le plateau de l'émission

Les 11 candidats à l'élection présidentielle sur le plateau de l'émission — Martin BUREAU / POOL / AFP

La campagne officielle s’achève ce vendredi à minuit, les médias n’ayant plus le droit de publier ou de diffuser sondages ni déclarations des candidats jusqu’à dimanche 20h, lorsque les premiers résultats seront annoncés.

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Dans cette dernière ligne droite, et alors que le match s’annonce serré entre les quatre favoris des sondages (Macron-Le Pen-Fillon-Mélenchon), les onze candidats avaient tous prévu meeting, déplacement ou discours pour tenter de convaincre les indécis. Un programme qui a volé en éclat après avoir appris depuis les locaux de France 2, où ils participaient tous à l’émission « Quinze minutes pour convaincre », qu’ une fusillade venait d’avoir lieu sur les Champs-Elysées et avait tué un gardien de la paix et blessé deux autres, ainsi qu’une passante.

Une partie des candidats fait le choix de suspendre la campagne

Les candidats à la présidentielle ont unanimement rendu hommage au policier tué et, plus généralement, aux forces de l’ordre mobilisées dans un pays touché depuis 2015 par une vague d’attentats terroristes qui ont fait 238 morts.

Certains, comme François Fillon et Marine Le Pen, ont aussitôt annoncé qu’ils annulaient leurs déplacements et désiraient suspendre leur campagne. L’ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy a ainsi estimé que « dans le contexte que nous vivons, il n’y a pas lieu de poursuivre (…) une campagne électorale parce que nous devons montrer la solidarité (…) aux victimes ». Pas de visite de terrain non plus pour la présidente du FN qui à cependant prévu de faire une déclaration depuis son siège de campagne à 10h ce vendredi.
Emmanuel Macron les a suivis quelques heures plus tard en annulant ses deux meetings prévus à Rouen et Arras et devrait lui aussi s’exprimer « devant les Français » vendredi midi.

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Maintenir la campagne pour ne pas interrompre le processus démocratique

Pour l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, il ne faut pas « interrompre le processus de notre démocratie de manière à bien démontrer que les violents n’auront pas le dernier mot contre les républicains ». Son entourage a confirmé le maintien de son programme pour vendredi. Il participera notamment à 19h à Paris à l’un des nombreux « apéros insoumis » organisés dans toute la France, accompagné notamment du leader de Podemos, l’Espagnol Pablo Iglesias.

Le candidat PS Benoît Hamon a lui coupé la poire en deux : un déplacement annulé dans matinée mais un discours maintenu à 17 h 30 à Carmaux, terre de Jaurès. « Ce serait une grave erreur de tomber dans la peur et de mettre entre parenthèses le débat démocratique », a-t-il déclaré.

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (LO) poursuivent quant à eux la ligne de route qu’ils s’étaient fixée.

Le risque de la récupération

A quarente-huit heures seulement du scrutin, beaucoup d’internautes craignent une récupération politique de cette nouvelle tragédie.

Le Front National aurait ainsi sponsorisé un tweet affirmant que Marine Le Pen était la seule à pouvoir agir face aux terroristes, une heure à peine après l’attaque.

François Fillon a également été montré du doigt sur les réseaux sociaux, après avoir propagé une fausse rumeur sur d’éventuelles autres fusillades en cours à Paris.

Alors que la France est à nouveau victime d’une attaque terroriste, il devrait être difficilement pardonné aux candidats de profiter du drame pour tenter de récupérer des voix au prochain scrutin…