Présidentielle: Sur les réseaux sociaux, près de 25% des liens partagés autour de la politique seraient des «fake news»

PRESIDENTIELLE 2017 Huit millions de liens partagés sur les sujets politiques sur quelque 800 sites ont été analysés par la société Bakamo Social...

20 Minutes avec agence

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En partenariat avec huit médias, dont 20 Minutes, Facebook va lancer en France son dispositif pour lutter contre les « fake news ».

En partenariat avec huit médias, dont 20 Minutes, Facebook va lancer en France son dispositif pour lutter contre les « fake news ». — Jeff Blackler/Shutterst/SIPA

Un quart des liens partagés sur les réseaux sociaux au sujet de la politique ou de la présidentielle française provient de sources qui aident à promouvoir les « fakes news » (les fausses nouvelles). Telle est la conclusion d’une étude intitulée Le rôle et l’impact des éditeurs non traditionnels à la Présidentielle française 2017 et publiée ce par la société Bakamo Social.

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Une « déconnexion quasi complète entre les utilisateurs »

Sur son site, la société de renseignements spécialisée dans les réseaux sociaux explique avoir analysé près de 8 millions de liens partagés sur les sujets politiques, récoltés sur 800 sites, entre le 1er novembre 2016 et le 4 avril 2017. Bilan de l’opération : près de 25 % des liens partagés autour de la politique seraient des « fake news » et une « déconnexion quasi complète entre les utilisateurs qui partagent des informations politiques des médias traditionnels et ceux qui en partagent des sources qui remettent en cause les récits des médias traditionnels ».

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Les auteurs de l’étude ont classé les sources qu’ils ont consultées en cinq groupes. 48,2 % de liens partagés avaient pour source les médias traditionnels et 7,4 % de liens partagés étaient issus des sites des candidats ou de leur parti.

Enfin, 19,2 % de liens partagés provenaient de « sources qui contestent les médias traditionnels en disant qu’ils ne tirent pas les bonnes conclusions ou ne couvrent pas les sujets importants » et 5 % émanaient de sources « qui existent au-delà de la distinction gauche-droite [et] entremêlent leurs histoires et ignorent largement les sources traditionnelles pour des récits confus et souvent conspirationnistes ». Soit, au final, près de 25 % de sources qui pourraient être des « fakes news ».

Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et les autres

Reste alors cette autre catégorie de sources appelée « étendue ». Il s’agit de sources « qui servent à étendre la portée journalistique des médias traditionnels, sans contester les faits de base. » Elles représentent 20,2 % des liens partagés sur les réseaux sociaux, mais ne sont pas mises en cause par Bakamo Social.

« Nous constatons que ceux qui défient les médias traditionnels partagent presque deux fois plus de contenu et ont un public beaucoup plus engagé. Cela indique que ces sources d’information alternatives ne disparaîtront pas », analyse Jonathan Deitch, PDG Bakamo. Et de poursuivre : « une exposition accrue aux sites qui répandent des mensonges, des théories conspirationnistes, de la propagande pro-russe et des opinions racistes pourrait jouer un rôle crucial et finalement décisif lors de l’élection ».

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Autre enseignement tiré de l’étude. En passant au crible les sources émanant des comptes des candidats et de leurs soutiens, les auteurs de l’enquête ont relevé que les campagnes de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon se singularisaient par rapport à celles des autres candidats. Alors que Marine Le Pen et consorts se limitent à partager des liens de leur propre site, ces deux candidats à la course à l’Elysée diversifient les liens tout en évitant de relayer des « fakes news ».