Hollande et Macron
Hollande et Macron - TLG/20minutes

En politique comme ailleurs, il est des noms que l’on n’ose prononcer, de peur qu’ils nous brûlent les lèvres. C’est le cas de François Hollande avec Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat est tous les jours un peu plus proche d’un soutien vers son ancien protégé, mais il ne franchit jamais le pas.

Jeudi, dans Le Point, le président y va d’une de ses formules ambiguës qu’il apprécie, sans jamais prononcer le nom de l’ancien ministre : « Je fais confiance à l’intelligence des Français qui veulent qu’une action nouvelle se construise à partir de ce que j’ai fait », saluant le « renouvellement » du mouvement En marche !. Même topo lors d’une interview à Konbini : « Il faut aller vers ceux qui sont plutôt dans la suite (…) L’histoire, elle ne s’arrête pas, donc il faut aller vers la marche du progrès. » Encore un soutien caché.

Naïf, on a posé la question au responsable de la communication du président : « Pourquoi François Hollande ne prononce-t-il pas explicitement le nom d’Emmanuel Macron puisqu’il le soutient dans ses interviews ? » La réponse arrive par SMS, laconique. « Il ne soutient personne. » Nos relances ne donneront rien, alors voilà deux hypothèses.

1. Pour ne pas « trahir » le PS et sa primaire

Vous l’avez peut-être oublié, mais François Hollande fait partie du parti socialiste. C’est d’ailleurs lui qui avait poussé à l’organisation d’une primaire en janvier. On imagine mal le président désavouer officiellement le résultat d’un scrutin qu’il a lui-même souhaité. Pour la forme (et la photo), François Hollande avait d’ailleurs reçu Benoît Hamon début février, après sa large victoire à la primaire.

François Hollande a reçu Benoît Hamon après sa victoire à la primaire.
François Hollande a reçu Benoît Hamon après sa victoire à la primaire. - TLG/20mn

Contrairement à Manuel Valls, il n’y a pas de soutien explicite. Mais cela suffit à désoler l’équipe de Benoît Hamon. « Il va accorder son soutien à celui qui a empêché sa candidature. C’est peut-être une manière de défendre son bilan… Venant de François Hollande, pas grand-chose ne me surprend. L’affliction est d’ailleurs plus générale. Il a raté profondément son quinquennat. Il porte une responsabilité immense dans l’état de la gauche aujourd’hui », commente Laurent Baumel, ancien frondeur.

Reste qu’une partie du PS semble d’accord avec le chef de l’Etat. D’après L’Opinion, les « hollandais » prépareraient un texte réaffirmant leur identité politique social-démocrate, pilonnant un peu plus la campagne du candidat socialiste. « Ça devient dérisoire, ces gens-là ne pensent qu’à ça. Les petites manœuvres de Le Foll ne vont pas bouleverser le sentiment des Français », répond le député Laurent Baumel.

2. Pour ne pas être le boulet de Macron

Hollande et Macron
Hollande et Macron - TLG/20minutes

Il a bien glané quelques points dans les enquêtes d’opinion, mais François Hollande est encore loin de Jean-Jacques Goldman dans le cœur des Français. Au moment où la droite et la gauche désignent Emmanuel Macron comme l’héritier du président, un geste explicite du chef de l’Etat ressemblerait à un baiser de Judas.

L’intéressé a d’ailleurs accueilli froidement la nouvelle. « Je ne crois pas que ce soit ce que nos concitoyens attendent », a-t-il répondu, sur la possibilité d’un soutien plus explicite. Contactés par 20 Minutes, les porte-parole d’En marche ! n’ont pas répondu.

​​>> Quel candidat à l’élection présidentielle correspond le mieux à vos idées ? Testez notre boussole ici dans sa version optimisée ou ci-dessous.

Mots-clés :