Marine Le Pen en meeting à Ajaccio, le samedi 8 avril 2017.
Marine Le Pen en meeting à Ajaccio, le samedi 8 avril 2017. - PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Elle n’a pas ménagé ses efforts pour draguer l’électorat corse à coups de clins d’œil à l’identité insulaire.

Si des manifestants ont perturbé, samedi, à Ajaccio une réunion publique de Marine Le Pen, en une heure de discours, la présidente du Front national a tenté de séduire les plus de 200.000 inscrits sur les listes électorales de l’île, où elle était placée en 2e position en 2012 avec 24,4 % des voix.

Les « apports » corses à « notre pays, la France »

Les symboles, tout d’abord : la présidente du FN, clairement jacobine, avec des drapeaux tricolores pour seul décorum de meeting, les a cette fois accompagnés d’un drapeau corse.

Avant la traditionnelle Marseillaise de fin de meeting, c’est l’hymne corse, le « Dio vi salvi Regina », qui a résonné, entonné par la patronne du FN elle-même, entourée de dirigeants du parti. « Vous êtes corses, mais vous êtes français, soyez les deux en même temps ! » a exhorté Marine Le Pen, vantant l’agriculture locale et plus généralement les « apports » corses à « notre pays, la France », en rendant par exemple hommage à Napoléon.

Si elle arrive à l’Élysée début mai, il n’y aura « plus aucun match de football nulle part en France le 5 mai pour que la nation se souvienne du drame de Furiani » où une tribune s’était effondrée en 1992, faisant 18 morts et plus de 2.300 blessés lors d’une demi-finale de la Coupe de France. Les matches de foot sont déjà interdits tous les samedis 5 mai.

« Soucieuse » de la « belle langue corse »

Sans aller jusqu’à soutenir la co-officialité du corse au côté du français, Marine Le Pen a promis qu’elle serait « soucieuse » de la « belle langue corse », au contraire de l’UE qui « ne défend pas les langues enracinées mais les langues minoritaires, ici la langue arabe et non le corse ».

Évoquant les Corses « détenus sur le continent », elle a plaidé pour leur placement « dans des établissements corses ». Marine Le Pen s’en est aussi pris à la « spéculation » immobilière et au « béton » : « Je veux que la Corse reste impétueusement sauvage », a-t-elle dit, assurant défendre le « droit des Corses à vivre en Corse ».

Elle s’en est pris à l’immigration, « peut-être plus importante encore ici qu’ailleurs », faisant référence à la violente altercation pendant l’été 2016 à Sisco (Haute-Corse) entre des familles maghrébines installées sur la plage et des villageois, ou au guet-apens tendu à des pompiers le soir du 24 Décembre 2015 à Ajaccio.

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