Vincent Schneider, buraliste, à Strasbourg
Vincent Schneider, buraliste, à Strasbourg - G. Varela / 20 Minutes

Riches, pauvres, chômeurs, jeunes, retraités, zadistes… A l’approche de l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, 20 Minutes est allé à la rencontre des Français de tous les âges et dans tout le pays, afin de prendre le pouls de la nation.

A chaque personne interrogée, trois questions ont été posées, toujours les mêmes. Aujourd’hui, c’est au tour de Vincent Schneider, 55 ans, d’y répondre. Il est buraliste à Strasbourg depuis 12 ans.

Quelle première mesure doit être prise par le nouveau chef de l’Etat ?

La première mesure devrait concerner l’harmonisation fiscale, et donc, pour nous buralistes, l’harmonisation des prix en Europe. Que ce soit par rapport à l’Allemagne, l’Espagne, le Luxembourg où les volumes vendus sont complètement déconnectés du nombre d’habitants, ce qui montre qu’il y a des achats effectués par les frontaliers, sur un produit où l’on dit qu’il y a une politique de santé. Cela ne vaut pas que pour Strasbourg, c’est tout l’Est de la France qui est concerné.

Les gens partent à quatre dans une voiture au Luxembourg et reviennent avec des cigarettes. Le plus gros bureau de tabac d’Europe est au Luxembourg, à la frontière, ils sont livrés par « semi-remorque », tous les jours. Ça met la profession en danger. Quand j’ai commencé on était un peu plus de 30.000 et on doit être un peu plus de 24.000 aujourd’hui. Un débit de tabac ferme tous les jours en France. L’harmonisation fiscale sur un produit dit « nocif pour la santé », ça serait quand même un prérequis assez important. On le voit, quand on passe la frontière, les principaux clients de Kehl sont des fumeurs français qui vont faire leurs courses au tabac (rires). Après, c’est normal, on ne peut pas en vouloir aux clients d’aller s’approvisionner au moins cher, d’ailleurs sur l’avenue qui traverse Strasbourg jusqu’à Kehl, il n’y a plus un tabac d’ouvert.

Toute la frontière est investie de tabacs donc ce n’est pas saint. C’est vraiment un problème d’harmonisation fiscale, c’est un problème de prix, car les produits sont les même. Et que les politiques cessent de brandir « leur lutte contre la consommation du tabac » comme un emblème vertueux. C’est une tribune facile pour les ministres en général.

Pourquoi êtes-vous intéressé par cette élection ?

On est toujours intéressé par les élections, globalement on y croit à chaque coup, et à chaque fois on déchante (rires). On est peut-être un peu moins intéressé cette fois car il y a beaucoup de polémiques. Pour mémoire, Sarkozy avait fortement augmenté les prix du tabac. Après, les socialistes n’ont pas augmenté les prix mais on fait le paquet neutre, au détriment de tout ce qui se fait ailleurs et l’harmonisation fiscale a piétiné alors qu’elle est demandée depuis longtemps. Alors finalement, on s’aperçoit que les décideurs politiques ne décident peut-être pas autant que ça… Donc l’intérêt de l’élection présidentielle est moindre. Je pense qu’en tant que buraliste, on pourrait militer plus mais ce n’est pas notre rôle, nous sommes des commerçants.

Avez-vous déjà finalisé votre vote ?

Non. Comme beaucoup de monde, pas à ce stade. On ne parle pas du fond mais de la forme, surtout des événements autour des candidats et pas de leurs actions possibles, donc pas sûr que j’aille voter pour l’instant alors que j’ai toujours voté. Il n’y a pas un candidat qui pourrait sortir du lot. Il y a une « politique dite de santé » globale mais qui ne se positionne pas sur notre profession, c’est tout de même 15 milliards qui rentrent alors les candidats ne veulent pas se priver de ça.

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