Présidentielle: Les passes d’armes entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen sur le plateau de TF1

PRESIDENTIELLE Les deux favoris des sondages se sont lancés des invectives tout au long de la soirée...

M.C.

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Photomontage des candidats à la présidentielle, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, réalisé le 21 février 2017, données en tête d'un sondage sur les intentions de vote des jeunes.

Photomontage des candidats à la présidentielle, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, réalisé le 21 février 2017, données en tête d'un sondage sur les intentions de vote des jeunes. — JOEL SAGET / AFP

« Madame Le Pen vous serez gentille, je n’ai pas besoin d’un ventriloque. » - « Vous n’avez rien dit, c’est le vide absolu, sidéral ». Au cours d’un débat déjà animé entre les cinq « gros » candidats, les amabilités ont volé lundi soir sur TF1 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Sur la laïcité, les affaires, l’Europe ou la Russie, les deux candidats que les sondages placent en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle se sont opposés frontalement. On récapitule.

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>> Synthèse: Ce qu'il faut retenir du débat entre les cinq candidats

La laïcité : Macron accuse Le Pen de « diviser la société »

Au sujet de la laïcité, Emmanuel Macron a mis en garde la candidate FN pour qu’elle ne s'en « serve pas de prétexte pour s’en prendre à une religion, en clair contre les musulmans ». Du port du voile, Marine Le Pen passe à celui du burkini et ironise : « Je sais que vous êtes pour, Monsieur Macron ! ».

Et le candidat d’En Marche ! de répliquer : « Non, s’il vous plaît, Madame Le Pen vous serez gentille, je ne vous fais pas parler, je n’ai pas besoin d’un ventriloque, je vous assure. » « Le burkini, enchaîne-t-il, n’a rien à voir avec la laïcité (…) Le piège dans lequel vous êtes en train de tomber par vos provocations, c’est de diviser la société ! »

Les affaires : Le Pen dénonce un « gigantesque problème d’intérêts privés »

La candidate FN, elle-même mise en cause dans diverses enquêtes judiciaires, a dénoncé un « gigantesque problème d’intérêts privés qui s’invitent dans cette présidentielle, et qui vont peut-être prendre la place de candidats qui auraient été élus », visant implicitement l’ancien ministre de l’Economie.

>> Quiz: A quels candidats appartiennent ces punchlines?

« Ce que vous avez décrit, ce sont des conflits d’intérêts et ça se caractérise pénalement. Donc, soit ce que vous venez de faire Madame Le Pen, c’est de la diffamation, soit soyez plus précise et allez devant la justice de notre pays et, dans ces cas-là, la justice fera son office, comme elle est en train de le faire avec plusieurs candidats », a lancé le candidat d’En marche ! « Il faut avoir aussi de l’éthique et de la déontologie, tout le monde n’est pas comme vous », a-t-il ajouté.

L’international : « Je ne veux pas pactiser avec Monsieur Poutine », lance Macron

Un peu plus tard, l’échange de piques reprend : « Vous avez un talent fou, vous arrivez à parler sept minutes, je suis incapable de résumer votre pensée, vous n’avez rien dit, c’est le vide absolu, sidéral », lance la présidente du FN à Emmanuel Macron. « Je voudrais que les Français s’attachent à vérifier qu’à chaque fois que vous prenez la parole, vous dites un petit peu de ceci un petit peu de cela, et jamais vous ne tranchez, on ne sait pas ce que vous voulez et honnêtement c’est très inquiétant ».

Réplique de l’intéressé : « Si vous n’avez pas compris que contrairement à vous je ne veux pas pactiser avec Monsieur Poutine (…) que, contrairement à vous, je veux une politique française forte mais responsable, pas la ruine, pas les dépenses qu’on sait pas financer (…) que, contrairement à vous, je veux une France forte dans l’Europe, que j’assume pleinement, c’est notre grand désaccord », a ajouté l’ancien ministre de l’Economie.

« C’est de pire en pire », a répliqué Marine Le Pen. « C’est juste que je ne suis pas d’accord avec vous », a insisté le candidat « En Marche ». Sans doute le principal message que les deux « favoris » auront voulu faire passer.