Fin de campagne pour les gaullistes revendiqués Michèle Alliot-Marie et Henri Guaino. Faute de parrainages nécessaires, les deux élus du parti Les Républicains ne se présenteront pas devant les Français pour l’élection présidentielle. L’un comme l’autre avait volontairement refusé de se soumettre à la primaire à droite de novembre 2016, incompatible avec l’idée selon laquelle une présidentielle est une rencontre entre une personne et le peuple.

Selon les données du Conseil constitutionnel, au 14 mars, Michèle Alliot-Marie a reçu 74 signatures, quand Henri Guaino en a recueilli 33, bien loin des 500 signatures requises pour une qualification. Lors de l’officialisation de sa candidature à la magistrature suprême auprès de 20 Minutes, en décembre, Michèle Alliot-Marie avait pourtant évoqué avoir « environ la moitié des promesses des parrainages requis ».

Manque « d’huile de coude »

Pour les deux prétendants à l’Elysée, cette pêche vaine aux parrainages serait due à des « pressions » exercées sur les élus pour les empêcher d’être candidat. Selon Henri Guaino, ces pressions viendraient « de l’appareil des Républicains », a-t-il dit sur France info. « Ces pressions sont réelles », estime le politologue Thomas Guénolé, afin de limiter l’éparpillement des candidatures à droite. Mais l’enseignant à Sciences-Po Paris évoque une autre raison : « Contrairement à un autre "petit" candidat gaulliste qu’est Nicolas Dupont-Aignan, Henri Guaino et Michèle Alliot-Marie ont eu une certaine paresse à chasser les signatures d’élus pour cette présidentielle. Nicolas Dupont-Aignan, mais aussi d’autres candidats, a entrepris une logistique depuis des années pour obtenir leurs signatures », souligne le politologue.

MAM et Henri Guaino auront mené quasi-exclusivement campagne via des interventions médiatiques, sans déplacement à la rencontre des Français. « Cela s’explique par plusieurs facteurs : le premier est dû au manque d’argent pour mener une campagne de terrain qui ne sert finalement à rien. Sauf à faire un meeting où l’on met le paquet dans la mise en scène. Le second découle de l’importance et de l’efficacité, aujourd’hui, des réseaux sociaux pour mener une campagne électorale », liste le politologue Thomas Guénolé. « Mais sans discours approprié, la mayonnaise n’a pas pris pour eux », tranche-t-il.

Futur incertain

Quant à l’avenir de ces élus, il reste incertain. L’étiquette de « gaulliste » ne constitue plus un marqueur fort pour s’assurer d’une carrière politique. L’invocation du général de Gaulle est dans presque toutes les bouches, de la gauche à l’extrême droite. « Henri Guaino est un idéologue, et même si son investiture est gelée par les Républicains, il devrait continuer », prévient le politologue.

« Quant à Michèle Alliot-Marie, je ne vois pas de raison de fond à sa candidature. Donc à lui prévoir un avenir politique… », s’interroge Thomas Guénolé. La femme politique, ministre aux multiples portefeuilles et première femme à la tête du RPR, a gardé au moins le sens de l’humour. Au journaliste Alain Duhamel qui l’a qualifié mercredi de « musée politique » sur Twitter, Michèle Alliot-Marie lui a rappelé son passé de journaliste sur l’ORTF, disparu en 1975…