Francois Asselineau, candidat à l'élection présidentielle.
Francois Asselineau, candidat à l'élection présidentielle. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Il est arrivé avec un sourire d’enfant, les doigts en V à la Chirac, dans son luxueux QG de campagne, avenue de Wagram, à Paris. Un V comme victoire, car quelques minutes plus tôt ce vendredi, le Conseil constitutionnel validait 524 parrainages et qualifiait François Asselineau pour l’élection présidentielle.

Le candidat de l’Union populaire républicaine (UPR) s’est amusé de « la surprise d’un certain nombre d’observateurs », ajoutant de ne pas avoir été « surpris » par sa qualification, « tant notre parti politique suscite de l’espoir » depuis dix ans. Qui est donc François Asselineau, l’homme de 56 ans et candidat surprise de cette élection ?

1. Un énarque « anti-système » rodé aux cabinets politiques

François Asselineau l’assure, il a eu « le courage de remettre en question une carrière administrative et professionnelle toute tracée ». Il est vrai que le candidat coche à peu près toutes les cases du cursus honorum classique. Après HEC et l’ENA, l’inspecteur général des finances fait le tour des cabinets ministériels. Il conseille Gérard Longuet au ministère de l’Industrie (1993-1994), dirige les cabinets de Françoise de Panafieu au Tourisme (1995) et d’Hervé de Charette au Quai d’Orsay (1996-1997).

Il s’engage deux ans plus tard au RPF de Charles Pasqua, et prend la tête de son cabinet au conseil général des Hauts-de-Seine de 2001 à 2004. Après un passage à l’UMP, il claque la porte du parti et fonde l’UPR, le 25 mars 2007. « Un choix symbolique » pour marquer le cinquantenaire de la signature du Traité de Rome et se mettre « en rupture avec la pensée dominante ». « Je ne prétends pas être un candidat anti-système », se défend-il d’ailleurs.

2. Le candidat du « Frexit »

C’est la proposition phare du candidat : faire sortir la France de l’Union européenne, de l’Euro et de l’OTAN. « Il ne peut y avoir de démocratie, s’il n’y a pas de souveraineté populaire », avance François Asselineau. « La constitution française a été bafouée depuis 2005 [et le non au référendum européen] », précise l’énarque, qui fustige les « commissaires européens, ces technocrates non élus ». Le fondateur de l’UPR cite en exemple Thérésa May, et annonce qu’il activera « l’article 50 » du traité de Lisbonne pour sortir définitivement de l’UE, qualifiée de « prison des peuples ».

3. Un réseau de militants très actifs

Vous ne connaissiez peut-être pas son nom, mais vous avez probablement déjà vu sa bobine, collée sur un mur de la capitale ou relayée sur internet. L’UPR revendique plus de 16.000 adhérents et ces derniers sont extrêmement actifs, pour placarder des affiches ou vanter les mérites de leur champion sur les réseaux sociaux. « J’ai arrêté l’athlétisme pour coller des affiches [4 à 5 fois par semaine], l’endurance, ça me connaît », racontait l’un d’eux à 20 Minutes il y a quelques semaines. Un sondage maison lancé début décembre sur les prétendants à l’Elysée avait ainsi été pris d’assaut par ses militants. C’est l’obstination de cette « armée » de convaincus qui lui a également permis d’obtenir les 500 précieux sésames (Il n’avait obtenu que 17 parrainages en 2012). « Ils viennent vous embistrouiller à la mairie, ils ne vous lâchent plus », explique Bernadette, maire d’une petite commune de 50 habitants du Grand Est à l’Obs.

4. Conférence fleuve sur internet et discours anti-médias

L’UPR se présente comme « le parti qui monte malgré le silence des médias ». « Beaucoup de Français ont le sentiment que l’ensemble des commentateurs et de journalistes pensent dans le même sens », lance-t-il, sans donner trop de précisions sur la mise en place de sa proposition visant à «assurer une diversité politique représentative des différents courants d’opinion parmi les journalistes présentateurs d’émissions d’information ». Face à ce qu’il estime être une « censure », François Asselineau utilise YouToube (8.7 millions de vues, 30.000 abonnés) pour livrer son projet et ses analyses de l’actualité. Sur sa page Facebook, se succèdent des conférences fleuves et de courtes vidéos sur les différents points de son programme.

5. Anti-américanisme et accusations de complotisme

François Asselineau s’en prend régulièrement à l’impérialisme américaine et dénonce la responsabilité des Etats-Unis dans plusieurs types d’événements : la persécution des chrétiens d’Orient, la  création de l’Etat islamique, la construction européenne ou même le  redécoupage des régions françaises. Pour ce type de propos, le fondateur de l’UPR est qualifié de complotiste par certains (comme Rudy Reichstadt, spécialiste du complotisme à  Conspiracy Watchcette semaine).

Des accusations balayées par Rémi, membre de l’équipe de campagne. « Le mot de conspiration est ambigu et empêche tout débat. On ne peut pas nier l’existence de complots ou de luttes d’influences dans l’histoire humaine. Nous, on ne dénonce que des faits documentés avec la déclassification des archives de la CIA par exemple ».

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