Riches, pauvres, chômeurs, jeunes, retraités, zadistes… A l’approche de l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, 20 Minutes est allé à la rencontre des Français de tous les âges et dans tout le pays, afin de prendre le pouls de la nation.

A chaque personne interrogée, trois questions ont été posées, toujours les mêmes. Aujourd’hui, c’est au tour de Garance Poyer, 26 ans, à la recherche d’un emploi à Paris, d’y répondre.

Quelle première mesure doit être prise par le nouveau chef de l’Etat ?

Le nouveau président doit mettre en application des lois pour lutter contre la corruption, sauvegarder le régime de l’assurance chômage, le système de cotisations sociales, mettre fin à l’état policier, et surtout prendre une grande mesure, celle du courage et de la bienveillance citoyenne. Regarder le film Merci Patron, prendre le métro, se mettre un peu à notre place. On n’a pas besoin d’un homme politique qui soit notre sauveur, on a besoin d’un homme qui nous dise qu’on peut se sauver par nous-même grâce à un comportement citoyen.

Et ça commence dès le matin, en essayant d’être fidèle à nos idées. On peut toujours essayer, c’est pas grave de se louper ! Par exemple quand j’applique mes valeurs quotidiennement, je boycotte le plus possible les grandes filiales et multinationales alimentaires ou l’industrie de la mode….Je n’ai pas beaucoup d’argent mais je ne veux pas en donner à des gens qui s’enrichissent sur l’exploitation des plus fragiles dans le monde.

Pourquoi êtes-vous intéressée par cette élection ?

En France, depuis 1958, c’est un événement trop présent, donc on s’y intéresse forcément. D’un côté c’est positif, car c’est l’occasion pour de nombreux mouvements citoyens de s’élever et montrer les failles du système. Malheureusement, c’est la seule élection où l’on vote encore un peu. Ceux qui votent aux Européennes sont rares alors que 70 % des lois nationales viennent de la législation européenne. On préfère centrer l’attention sur l’élection d’un président aux pouvoirs ultra-renforcés, qui est chef des armées : il peut décider sans le consentement des citoyens le budget de l’armée et l’envoi de troupes.

Avez-vous déjà finalisé votre vote ?

Pas vraiment. Je n’ai pas envie de voter contre quelqu’un, et les élections nous forcent souvent à faire ça. Pour le moment je réfléchis. J’essaierai de voter pour un candidat dont les valeurs sont les plus proches des miennes. S’il se trouve qu’il y en a aucun alors peut-être que je m’abstiendrai.

Le vote blanc n’est pas comptabilisé… L’abstention oui. Aujourd’hui, c’est elle d’ailleurs qui représente le mieux les citoyens. Il faut arrêter de nous culpabiliser de refuser ce système qui tourne le dos aux idées de la démocratie, établissant des primaires où l’on est obligé de cotiser pour voter !

Un système qui a fait voter récemment la réduction du délai maximal de prescription des délits financiers. On peut être engagé et ne pas voter. L’abstention n’exclut pas le fait d’être citoyen, c’est une erreur de communiquer cette information. C’est juste que l’on montre un désaccord avec le système de la Ve République. Mais j’aimerais ne pas en arriver à cette solution d’urgence.