VIDEO. Présidentielle 2017: A Londres, Emmanuel Macron invite les expatriés «à revenir entreprendre en France»

REPORTAGE «20 Minutes» était au meeting du candidat d'En Marche dans la capitale britannique ce mardi...

Laure Cometti

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Emmanuel Macron, en meeting à Londres, mardi 21 février 2017.

Emmanuel Macron, en meeting à Londres, mardi 21 février 2017. — Frank Augstein/AP/SIPA

De notre envoyée spéciale à Londres (Royaume-Uni),

Etait-ce un pied de nez à ceux qui le traitent de « gourou » ou « d’illuminé » ?  Emmanuel Macron a tenu un meeting ce mardi à Londres au Westminster Central Hall, une église méthodiste qui accueille également des conférences. Peu avant l’arrivée sur scène du candidat à la présidentielle, un membre de l’équipe En Marche a même chauffé le public sur Like a prayer de Madonna. Tout était donc prêt pour la grand-messe de l’ancien ministre de l’Economie.

Un public de plus de 2.000 personnes

Dans l’assistance, entre 2.000 et 3.000 personnes de tout âge, dont le député britannique Lib-Dem (centre) Nick Clegg, le footballeur Yohan Cabaye ou le mathématicien Cédric Villani, longuement cité par le candidat dans son discours. Certains sont déjà séduits par le candidat mais beaucoup disent être venus « par curiosité », comme Marie-Claude, prof et traductrice retraitée qui penchait pour François Fillon mais doute désormais à cause des affaires. Des dizaines de « helpers », les (très) jeunes volontaires d’En Marche, se chargent de ponctuer le discours de leur candidat d’applaudissements et de cris chaleureux.

Emmanuel Macron attaque immédiatement avec le Brexit, sujet de préoccupation des 300.000 Français vivant outre-Manche. Evoquant son entretien avec Theresa May, il affirme vouloir « défendre les intérêts des Français et des Européens ». Puis il lance son appel de Londres pour « convaincre » certains des émigrés de « revenir entreprendre, faire en France, innover, chercher, enseigner ». Pas de « French-bashing » donc, mais de « l’espoir », mot martelé par le candidat.

« L’espoir » est à nouveau évoqué par le candidat pour demander au public de ne pas huer Boris Johnson, chantre du Brexit, qu’Emmanuel Macron vient de citer au sujet de Londres, « la sixième ville française ». Il désamorce les huées : « laissez ça à ceux qui n’ont plus d’espoir ».

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Un discours de plus d’une heure et demie

Puis le candidat discourt pendant plus d’une heure et demie, égrenant ses slogans « simplifier », « libérer », « protéger » et ses mesures en matière d’éducation (diviser les effectifs de classe par deux au CP), d’économie, d’emploi (réformer le code du travail), de sécurité (créer une police de proximité)… Cécile et Edith, 49 ans, partent un peu avant la fin. « C’est long ! Mais c’est un bon orateur », loue Cécile, qui le trouve toutefois « un peu léger sur le projet : il n’explique pas comment il va faire des économies », dit cette employée du secteur financier.

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Sans notes ni prompteur, l’ancien locataire de Bercy fait souvent preuve d’humour. « On me reproche l’argent que j’ai gagné […] Je vous rassure c’est moi qui l’ai gagné ! » A chaque fois, le public rit.

Emmanuel Macron achève son discours sur un tout autre registre, par une tirade aux airs de prêche : « Il y aura la peur parfois qui s’installe ou le doute, mais à chaque instant posez-vous la question de votre responsabilité immense […], de savoir si nous voulons construire une France nouvelle, ou subir notre avenir et notre destin ! » Après la Marseillaise, le meeting s’achève sous les « Macron président ! ».