Présidentielle: La riposte en quatre actes de Francois Fillon

CAMPAGNE Le candidat de la droite à la présidentielle, empêtré dans la polémique sur des emplois présumés fictifs, est sur le terrain…

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon en meeting à Compiègne (Oise le 15 fevrier 2017.

François Fillon en meeting à Compiègne (Oise le 15 fevrier 2017. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

De notre envoyée spéciale à Compiègne (Oise),

Montrer à tout prix que l’on n’est pas seul dans la tempête. Le candidat à la présidentielle François Fillon, empêtré dans des soupçons d’ emplois présumés fictifs au profit de son épouse, a lancé une riposte ce mercredi dans l’Oise. Celle-ci a néanmoins été perturbée par des manifestants, comme le 9 février au Futuroscope (Vienne)…

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Acte 1 - Recontacter les anciens rivaux

Au lendemain d’une journée durant laquelle des députés « frondeurs » de droite ont de nouveau voulu « débrancher » François Fillon, le candidat a appelé Alain Juppé avant de déjeuner avec Nicolas Sarkozy, ses anciens grands rivaux durant la primaire à droite. Objectif : montrer qu’il dispose du soutien de ses anciens concurrents, mais aussi de leurs troupes pour cette campagne incontrôlable. Le tête-à-tête avec Nicolas Sarkozy, qualifié de « chaleureux » selon l’entourage de l’ancien président, est ainsi résumé par un élu ce mercredi à Compiègne (Oise) : « Quand les difficultés apparaissent, il est important de se serrer les coudes, se donner un coup de pouce aussi. Et puis l’hypothèse François Baroin [l’ex- « Premier ministrable » de Nicolas Sarkozy] dont on parle ici et là, moi ça me va ».

Acte 2 - Une réunion escortée par des parlementaires

Un communiqué envoyé durant l’après-midi a annoncé la nouvelle proposition de François Fillon, à savoir « établir la majorité pénale à 16 ans ». Il précède une réunion privée du candidat sur le thème de la sécurité avec des acteurs locaux à Compiègne. Si la salle de quartier est modeste, pas moins d’une petite dizaine d’élus accompagne le candidat, Philippe Marini, le maire de Compiègne, officiant dans le rôle de Monsieur Loyal. Dans l’escorte de François Fillon figurent Eric Woerth, député de l’Oise, Caroline Cayeux, sénatrice-maire de Beauvais, mais aussi Eric Ciotti, député et président du département des Alpes-Maritimes, Christian Jacob, patron des députés LR à l’Assemblée nationale, ou encore Philippe Goujon, député de Paris.

Le thème du jour ravit l’ex-sarkozyste Eric Ciotti, qui se félicite de tout « projet visant à restaurer l’autorité » de l’Etat. Interrogé sur l’ambiance de la campagne, l’élu assure : « Nous sommes mobilisés pour aller à la victoire », réfutant par ailleurs toute « méthode Coué ». Parmi les élus présents aux abords de la salle de quartier du Camp-de-Royallieu, les petits mots assassins fusent sur les députés « frondeurs » de la droite : «  [Georges] Fenech [chef de file des frondeurs], marre de lui. Et [Pierre] Lellouche ? Toujours aussi éruptif lui ! Un plan B, mais quelle bêtise ! »

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Acte 3 - Meeting parmi les siens, célébrant l'« ordre et l’autorité »

Comme lors de son dernier meeting au Futuroscope, un comité d’accueil a attendu François Fillon pour son meeting à Margny-lès-Compiègne. En tapant sur des casseroles et aux cris de « Fillon escroc, Fillon en prison », une grosse vingtaine de manifestants a ralenti très fortement le flux des véhicules menant à la salle de la réunion publique. Enervement garanti du côté des sympathisants puis des élus. « Des pauvres connards », lance un homme, quand un autre estime « Il faudrait les tuer c’est tout ».

Montant à la tribune à 20h30, François Fillon soulève l’enthousiasme et les applaudissements quand il lance : « Merci d’être inflexible face aux attaques ». « Oui on veut nous faire taire », estime-t-il encore. « On va gagner », scande la salle, qui applaudit quand le candidat à la présidentielle affirme vouloir l'« ordre et l’autorité de l’Etat », ou rappelant sa proposition des uniformes à l’école. « Un délinquant n’est pas un mineur qui se cherche. C’est un délinquant ! Un dealer n’est pas un grand frère. C’est un dealer ! », lance-t-il à ses soutiens.

Acte 4 - Aligner les forces supplétives sur le terrain

Contesté par une partie des parlementaires Les Républicains, François Fillon aligne enfin des forces supplétives pour battre la campagne ces jeudi et vendredi. Pas moins de dix-sept élus LR vont tenir des réunions publiques pour porter la bonne parole sur le territoire et jusqu’à Londres. Outre les fillonistes Jérôme Chartier et Bruno Retailleau, les sarkozystes Christian Jacob et Eric Woerth vont réaliser des réunions publiques. Tout comme le sénateur-maire de Troyes François Baroin. François Fillon est quant à lui attendu à Tourcoing. Afin de « remettre le projet au cœur de la campagne présidentielle ».