Mardi après-midi, un vent de panique s’est emparé du PS après la prise de position de Valérie Trierweiler. «Et si cela nous coûtait autant de voix que la TVA sociale en 2007?», souffle alors un dirigeant de la rue de Solférino. En juin 2007, en agitant l’idée d’une TVA sociale, Jean-Louis Borloo avait en effet tiré une balle dans le pied de l’UMP. Rien de tel ne semble se dessiner pour le second tour. La projection en sièges de CSA, presque identique à celle de lundi, laisse entrevoir une confortable majorité pour le PS.
Le PS cannibalise la gauche
Avec un risque très faible d’avoir moins de 289 sièges, la majorité absolue. Le parti du président devrait même pouvoir voter les lois sans l’aide des écologistes et du Front de gauche. «Le total de la gauche n’est pas si écrasant. Mais il y a une cannibalisation des voix et des sièges par le PS», analyse Jérôme Sainte-Marie. Les écologistes ne sont même pas encore sûrs de pouvoir constituer un groupe de 15 députés, alors que le Front de gauche devrait subir un net recul en termes de sièges, puisque le groupe communiste comptait 19 députés. Même s’il sera loin des 378 sièges qui lui permettraient d’avoir la majorité des 3/5e au Congrès nécessaire pour réviser la Constitution, le PS aura les mains libres. «C’est important. Plus on sera nombreux, plus les choses seront aisées et plus nous serons puissants et réactifs dans les difficultés», confie Claude Bartolone, qui veut rester «ouvert aux partenaires».
L'UMP surnage
Dans cette Assemblée rose, l’UMP surnage et peut espérer jusqu’à 255 élus. Interrogés sur la proximité de l’UMP avec le FN ou sur une possible alliance, les sondés estiment que le principal parti de droite doit continuer dans la voie d’une stricte indépendance, alors que certains candidats UMP se sont désistés localement en faveur du FN pour battre le PS. 67 % des personnes interrogées se prononcent contre une alliance entre l’UMP et le FN. 54% des sympathisants UMP sont contre, alors que 60% des sympathisants FN se disent pour. «Beaucoup d’électeurs FN sont d’anciens partisans de l’UMP. Cela peut expliquer cette envie de rapprochement», explique Sainte-Marie.
