Législatives: Vers une nouvelle abstention record dimanche?

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Publié le 14 juin 2012.

SCRUTIN - Le taux de participation est au centre de l'attention...

Quatrième et dernier dimanche d’élection en France pour cette année, à l’occasion du second tour des législatives. Cinq semaines après la forte mobilisation pour la présidentielle, l’abstention a atteint un niveau record dimanche dernier, à 42,77%. Pour le deuxième tour, à quel niveau peut se situer l'abstention? Pourrait-elle diminuer, pour atteindre le record de 1978, à 15,1%? Ou exploser, comme en 2007, à 40%?

Si le scrutin du second tour des législatives peut enregistrer une abstention un peu moins forte que dimanche dernier, ces élections rassemblent toujours moins que la présidentielle et les municipales. «Pour les régionales, les européennes, les cantonales ou les législatives, on va de record d’abstention en record d’abstention. Cela ne se vérifie pas pour la présidentielle et les municipales», constate Paul Bacot, professeur de science politique à l’IEP de Lyon. «Contrairement à ces deux dernières élections, les enjeux pour les législatives semblent moins visibles, moins importants», explique-t-il.

«Abstentionnistes politiques et apolitiques»

Ce désintéressement pourrait être motivé par le manque d’enjeu et la lassitude de cette longue campagne électorale, alors que l’hypothèse d’une cohabitation -résultant d’une victoire et d’une majorité de droite à l’Assemblée nationale- a été rapidement évacuée. «On va moins voter quand on sait que son candidat va perdre, résume Paul Bacot. Cela joue pour les électeurs des extrêmes, mais aussi une partie des électeurs UMP qui, cette année, s’attendent à une victoire de la gauche.»

L’abstention est plus large dans certaines catégories d’électeurs précises, à savoir les milieux populaires, les personnes les moins diplômées et les jeunes. «Mais, rectifie Paul Bacot, réduire l’abstention à ces catégories est réducteur. Les partis populaires sont desservis par l’abstention, mais il y a des effets de compensation au sein des partis et entre les partis.»

Autre nuance: les abstentionnistes peuvent être par ailleurs «politiques ou apolitiques», explique Arnaud Mercier, professeur de communication politique à l’université de Metz. «Il y a les apolitiques, ceux qui se désintéressent de la politique ou qui ne se jugent pas capables, légitimes, de voter. Et les abstentionnistes politiques qui ne votent pas afin de faire passer un message: “pas question de choisir entre la peste et le choléra”. Soit deux motivations différentes pour un même résultat», remarque Arnaud Mercier.

Enjeux moins visibles aux législatives

Quant à la faible participation des Français établis à l’étranger, établie 13 et 24% suivant les circonscriptions, la nouveauté du scrutin pourrait être un facteur d’analyse. «Ces Français installés à l’étranger, parfois depuis longtemps, ne se sentent pas toujours proches de la France pour tout ce qui concerne la politique. Ils sont aussi moins touchés par les messages politiques, qui inondent la France et l’outre-mer à chaque fois que vous allumez votre télévision ou ouvrez votre journal», commente Paul Bacot, professeur de science politique à l’IEP de Lyon.

Alors que faire pour lutter contre l’abstention? Des idées sont lancées à chaque scrutin. Dernière en date: Jacques Domergue, député UMP sortant de la 3e circonscription de l'Hérault, propose de créditer d'un point supplémentaire les permis de conduire des électeurs qui auront participé aux deux tours des élections présidentielle et législatives. Plus sérieusement, l’introduction de la proportionnelle et l’idée de faire voter les électeurs le même jour pour la présidentielle et les législatives font leur chemin.

Anne-Laëtitia Béraud
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