Elections: Jean-Marc Ayrault souhaite raccourcir le délai entre la présidentielle et les législatives

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Publié le 13 juin 2012.

POLITIQUE - Si l’Elysée commencera à consulter à l'automne, comment le gouvernement compte-t-il s'y prendre pour modifier le calendrier électoral?...

Et si on modifiait le calendrier électoral? Alerté par la participation très faible de dimanche dernier (moins de 58%, record d’abstention lors de législatives sous la Ve République) et constatant la «fatigue des électeurs», le pouvoir socialiste va réfléchir à une modification du calendrier entre la présidentielle et les législatives.

Une annonce parvenue en deux temps. Dimanche dernier à Tulle (Corrèze), l’Elysée a annoncé qu’elle consulterait les chefs de parti à l’automne pour réfléchir à la question. Ce mercredi, Jean-Marc Ayrault a poursuivi l’analyse: «Il faut peut-être réfléchir à raccourcir le délai», a affirmé le Premier ministre lors de l'émission «Questions d'info» LCP/Le Monde/AFP/France Info.

Un intervalle de quinze jours?

L’idée du chef du gouvernement est partagée par d’autres socialistes. «Il faut que les deux élections soient dans un même mouvement pour que la tension de la présidentielle ne redescende pas, tout en laissant le temps aux candidats de faire campagne», détaille Alain Vidalies, ministre délégué aux relations avec le Parlement contacté par 20 Minutes. Vidalies évoque une période de quinze jours entre le second tour de la présidentielle et le premier tour des législatives. Une solution qui permettrait de retenir l’attention de l’électeur dont toutes les études d’opinion ont mesuré la démobilisation croissante lors de cette campagne des législatives.

Le week-end dernier, selon les enquêtes, plus de 60% d’entre eux se disaient désintéressés par cette campagne. Une constante depuis 2002 et l’inversion du calendrier qui a placé les législatives juste après la présidentielle, conséquence de l’instauration du quinquennat.

Coupler les deux élections

Solution plus radicale: faire voter pour les députés les mêmes jours que la présidentielle. Cette hypothèse a été soulevée par Europe Ecologie-Les Verts dont le député Noël Mamère, qui a annoncé que les futurs députés écolos rédigeront une proposition de loi en ce sens «pour remettre la pyramide républicaine sur ses pieds». Le Premier ministre n’approuve pas. «Voter le même jour pour les législatives, c'est une forme de vote dans le brouillard, dans l'inconnu», explique Jean-Marc Ayrault. Le week-end dernier, l’Elysée se montrait très rétive à cette proposition.

Du côté de l’UMP, on n’a pas encore trop la tête à ça. «Pour le moment, on a un peu la tête dans le guidon», sourit Etienne Blanc, spécialiste de ces questions et favorable à une évolution. «L’idéal serait de faire le premier tour des législatives le dimanche du second tour de la présidentielle», explique-t-il. «Cela laisse libre le premier tour de la présidentielle et réduit le temps électoral à trois semaines.» Sauf que cette solution, encore plus que les deux autres, renforce encore un peu plus la prééminence de la présidentielle et la bipolarisation en laissant peu de place aux petits partis pour mener leur campagne des législatives. «J’assume. Il faut favoriser la bipolarisation qui est la logique d’un régime présidentiel. Et favoriser l’instauration de courants dans les deux grands partis», poursuit Blanc. Opinion différente au PS, où on veut contrebalancer cette bipolarisation en instaurant une dose de proportionnelle aux législatives.

Matthieu Goar
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