Législatives: Les enjeux des élections, parti par parti

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Publié le 8 juin 2012.

POLITIQUE - Les Français sont appelés dimanche à élire leurs 577 candidats...

PS, la majorité absolument
Les socialistes comptent sur l’élection de François Hollande pour obtenir une majorité à l’Assemblée. Relative ou absolue? D’après le sondage CSA pour 20 Minutes, le PS et ses alliés du MRC et du PRG obtiennent 32,5% des voix et aura donc besoin d’Europe Ecologie-Les Verts (5%) pour être majoritaire à l’Assemblée. Dans le pire des scénarios, la coalition du PS et de ses alliés ne suffira pas pour obtenir la majorité absolue (289 députés) et il faudra composer avec les turbulents députés du Front de gauche (8% dans notre sondage). Il sera alors beaucoup plus délicat pour le gouvernement de faire passer ses textes. Cette hypothèse est un cauchemar pour l’Elysée et Matignon.

L’UMP, limiter la casse
L’ex-parti présidentiel comptait 305 députés. Un groupe énorme qui va forcément fondre lors des législatives même s’il est donné à 33% des voix dans notre sondage CSA. L’UMP, qui dit officiellement pouvoir remporter les législatives et vante la cohabitation, espère rester dans un étiage assez haut: autour de 250 sièges. Mais l’UMP pourrait perdre de nombreux députés dans des triangulaires avec le FN. Un candidat «bleu marine» pourrait être en mesure de se maintenir au second tour dans 50 à 140 circonscriptions. Une fourchette très large mais le maintien au second tour dépend de la participation car il faut au moins obtenir 12,5% des inscrits. Et puis ce scrutin pourrait peser dans l’avenir de l’UMP: Jean-François Copé à Meaux et NKM à Longjumeau sont en difficulté. Or, une défaite affaiblirait considérablement ces deux-là qui s’imaginent un avenir doré en 2017.

Nouveau centre, conserver son groupe
On n’en entend pas forcément parler dans la campagne mais le Nouveau centre est le troisième groupe parlementaire à l’Assemblée, avec 24 députés. Et il espère le garder même si ça s’annonce compliqué pour ce groupe divisé entre Hervé Morin, son n°1 et Jean-Christophe Lagarde, son n°2. Il s’agit aussi pour ce parti qui a dû faire alliance avec un parti tahitien en 2007 pour obtenir une partie de la dotation publique, de recueillir plus de 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions pour pouvoir y prétendre seul.

Europe Ecologie-les Verts se démultiplie
Pour l’instant, l’Assemblée compte quatre députés écologistes. Le 17 juin, la représentation EELV dans l’hémicycle pourrait être multipliée de 4  à 6, même si le parti n’est crédité que de 5% des voix. Mais grâce à l’accord électoral signé avec le PS, il fait peu de doutes qu’EELV obtienne un groupe à l’Assemblée, 15 députés minimum. Un étiage bas qui satisferait peu les écolos dont les plus optimistes tablent sur au moins 23 députés. Ce qui leur permettrait de peser à l’Assemblée… et sur le gouvernement en devenant le groupe charnière sans qui les lois ne peuvent pas passer.

Front de gauche, s’accorder pour peser
Pour l’instant, les communistes et le Parti de gauche ont 20 députés. Et ils espèrent, dans les scénarios les plus fous, en avoir entre trente et quarante à l’issue du second tour des législatives, ce qui semble élevé par rapport aux projections des sondages, qui lui en accordent entre 21 et 23 (Ipsos-Logica pour Radio France). La victoire possible de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont pourrait cacher médiatiquement un résultat décevant. L’autre figure du PG, la coprésidente Martine Billard, est en danger dans sa circonscription parisienne, redécoupée par la droite en 2010. Surtout, au lendemain des législatives, le PCF devra trancher sur une participation, ou non, au gouvernement. Les militants voteront et une conférence nationale extraordinaire se tiendra dans la foulée sur la question.

Le Front national veut s’installer à l’Assemblée
Encore une fois, le FN est crédité autour d’un score relativement important, 14% dans le sondage CSA, et encore une fois, il existe de forte probabilité que le parti ne soit pas représenté à l’Assemblée. Si le parti décroche un siège «ce sera un succès», a expliqué Marine Le Pen à Métro. «Si on en a deux un triomphe, et dix, une révolution», a-t-elle ajouté. Marine Le Pen, qui se présente à Hénin-Beaumont, sort bien en tête au premier tour mais serait battu par Philippe Kemel du PS ou Jean-Luc Mélenchon du FG dans tous les cas. Le FN place ses espoirs en Gilbert Collard, dans le Gard, Louis Aliot, dans les Pyrénées-Orientales et Florian Philippot en Moselle. Le FN devrait entraîner le PS et surtout l’UMP dans des triangulaires. Combien? Tout dépendra de la participation: il faut avoir obtenu au moins 12,5% des inscrits pour se maintenir. Concrètement, si la participation est de 70%, il faudra avoir recueilli quasiment 18% des voix au premier tour pour se qualifier pour le second. Pas si simple.

Le MoDem, une présence à sauver
Scrutin très compliqué pour le MoDem qui a investi 400 candidats dans les 577 circonscriptions sous l’étiquette Centre pour la France. Le parti est crédité de 3% des intentions de vote, divisant par trois le score de la présidentielle. Une très mauvaise dynamique. François Bayrou, son leader, pourrait tout simplement perdre son siège à l’Assemblée. Il est en difficulté dans son fief des Pyrénées-Atlantiques, donné battu par la candidate PS. Les deux autres députés sortants ne sont pas au mieux: Jean Lassalle dans les Pyrénées-Atlantiques et Abdoulatifou Aly à Mayotte ont vu François Hollande arriver en tête dans leur circonscription au second tour de la présidentielle. Une assemblée sans MoDem est donc possible.

Maud Pierron
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